Brésil: 295 évêques réunis durant dix jours (150592)
exige la gratuité pour l’enseignement primaire
Itaici, 17mai(APIC) "Education, Eglise et Société", tel est le nom du
principal document approuvé par l’Assemblée plénière de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) qui vient de se terminer à Itaici dans
l’Etat de Sao Paulo. 295 évêques, 27 théologiens et 97 représentants de
mouvements d’Eglise se sont retrouvés durant 10 jours pour discuter spécialement de l’éducation au Brésil - dont la situation est dramatique - et
pour préparer la 4e Conférence générale de l’épiscopat latino-américain qui
se réunira au mois d’octobre à Saint-Domingue, capitale de la République
Dominicaine.
Outre ces deux thèmes principaux, les évêques ont aussi abordé d’autres
sujets comme la participation de l’Eglise à la grande réunion écologique
mondiale "Eco-92" qui se tiendra à Rio de Janeiro en juin prochain. Ils ont
aussi fait le point sur l’édition pastorale de la Bible, écouté des rapports sur les conflits de la terre dans laquelle la Commission pastorale de
la terre (CPT) est engagée et réaffirmé le nécessaire engagement de l’Eglise aux côtés des victimes du sida.
Le document "Education, Eglise et société" fait d’abord le point sur la
situation concrète de l’éducation et des écoles au Brésil, décrit ensuite
les perspectives et les critères chrétiens dans la lecture de cette réalité
et expose finalement les prises de position qu’elle veut présenter à l’opinion publique.
Manque d’une politique cohérente de l’éducation
Sur mille élèves qui commencent l’école primaire, indique le document,
seuls 204 arrivent en huitième primaire. En 1989, le Brésil avait encore 17
millions de personnes analphabètes à partir de 15 ans et plus. L’enseignement officiel, disent les évêques, est marqué par un pragmatisme au jour le
jour, sans préoccupation claire de la formation des maîtres. Le document
affirme que l’éducation officielle est fréquemment soumise à une action politique "à court terme et discriminatoire". Elle manque d’une politique cohérente en faveur des plus pauvres et d’une prise en charge démocratique de
l’éducation.
Dans le contexte de ressources financières injustement réparties, les
évêques brésiliens demandent que l’éducation nationale tienne compte du
fait que la personne humaine doit être ouverte à la transcendance, pour répondre aux besoins de l’homme tout entier, qu’elle soit ouverte à la justice et à la fraternité.
Pour une éducation intégrale de l’homme
Après avoir abordé l’action éducatrice de Dieu et mis en évidence la pédagogie de Jésus dans l’Evangile, le document épiscopal fait des propositions qui devraient intervenir dans tout projet pédagogique valable: il
faut valoriser la mémoire culturelle du peuple et sa capacité créatrice en
développant chez lui une capacité critique qui lui permette d’améliorer la
situation sociale. Les évêques souhaitent encore que l’enseignement religieux fasse partie du programme scolaire en visant à l’éducation intégrale
de l’homme.
La presse brésilienne en général a mis largement en exergue, ces jours
derniers, une remarque du document: "l’Eglise catholique défend la gratuité
totale de l’enseignement au niveau primaire. Ce dernier doit être financé
par les pouvoirs publics aussi bien dans les écoles de l’Etat, que dans les
écoles communautaires, confessionnelles ou philantropiques, excepté celles
qui poursuivent un but lucratif".
Message de la présidence de la CNBB sur l’écologie
"Entendre l’écho de la Vie", c’est le nom du message de la présidence de
la CNBB qui doit être lu le jour de la Pentecôte dans toutes les églises du
pays. Ce message met en évidence le fait que "l’écologie est avant tout la
préservation de la nature pour que la vie, à tous les niveaux, continue sa
symphonie merveilleuse sur la terre. La vie de chaque personne et de tous
les peuples doit être toujours davantage le centre de toutes les préoccupations écologiques". La présidence de la CNBB veut aussi montrer la grande
responsabilité que prend la réunion mondiale "ECO-92" de Rio. Elle encourage tous les participants à ce grand Congrès écologique "à préserver toujours plus la nature, sans oublier la vie humaine, qui reste la valeur suprême à sauvegarder".
39 évêques élus pour Saint-Domingue
Les participants de la CNBB ont élu les 39 évêques qui représenteront le
Brésil à la réunion de Saint-Domingue. Comme c’est le pape qui convoque la
Conférence et lui-même qui confirmera et annoncera le nom des élus, la CNBB
n’a pas rendu public le nom des évêques choisis par leurs pairs. Outre les
39 évêques élus, huit autres évêques brésiliens, invités par le pape, seront présents en octobre à Saint-Domingue: le président de la CNBB, les
cinq cardinaux brésiliens et deux autres évêques qui travaillent au Conseil
épiscopal latino américain (CELAM). (apic/em/ba)