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    Rappel des exigences chrétiennes présentées

    Brésil: 269 évêques réunis en Assemblée à Itaici (250494)

    aux candidats des prochaines élections nationales

    Itaici (Brésil), 25avril(APIC) L’Assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), composée de 269 évêques accompagnés

    de 57 personnes invitées et de 25 théologiens, a travaillé cette année sur

    le thème: "L’Eglise au Brésil, défis et protagonistes de la mission". L’assemblée de la CNBB, réunie à Itaici (Etat de Sao Paulo) a clos ses travaux

    vendredi. Elle a aussi évoqué les programmes politiques présentés aux citoyens du pays qui éliront en octobre prochain le nouveau président de la

    République, les députés et les sénateurs des deux chambres législatives de

    Brasilia et les gouverneurs des Etats brésiliens.

    La journée consacrée à la prière et à la méditation, sorte de retraite

    spirituelle pour tous les participants, avait été confiée à Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de Sao Felix do Araguaia, originaire de la Catalogne,

    connu pour sa solidarité active avec les marginalisés et particulièrement

    avec les peuples indiens du Brésil.

    Les évêques ont abordé la question de la morale chrétienne à partir du

    document "Ethique, personne et société" publié par la CNBB en 1993, de

    l’encyclique "Veritatis Splendor" de Jean Paul II et du Nouveau Catéchisme

    de l’Eglise catholique. Ils ont aussi étudié le texte du nouveau Directoire

    oecuménique. En outre les évêques ont débattu de l’insertion des charismatiques catholiques dans la pastorale ainsi que de la formation des futurs

    prêtres.

    La CNBB et les prochaines élections

    Pour les prochaines élections nationales, les évêques prétendent davantage mettre l’accent sur les principaux problèmes du pays à résoudre que

    sur un appui précis à tel ou tel candidat. La presse estime également que

    l’opinion des évêques a encore un poids significatif sur la majorité des

    catholiques, même sur ceux qui ne sont pas pratiquants. L’Eglise catholique, à travers le document des évêques sur la question des élections présente une série de revendications aux divers candidats à la présidence de

    la République ainsi qu’aux élections parlementaires.

    Les évêques exigent des prochains élus de corriger la question de la

    concentration de la richesse, de la terre et du pouvoir aux mains de quelques privilégiés face à une masse appauvrie. Il s’agit aussi de faire cesser l’augmentation du nombre des exclus, par une politique économique favorisant en priorité les questions sociales avant de se préoccuper de la richesse individuelle des nantis. Enfin l’épiscopat veut que les futurs élus

    favorisent la participation des citoyens aux grandes décisions nationales.

    Le pouvoir judiciaire mis en cause

    Mgr Luiz Demétrio Valentini, évêque de Jales et responsable du secteur

    social de la CNBB, a en outre affirmé, dans une interview, que le pouvoir

    judiciaire est parfois l’une des entraves actuelles pour résoudre les problèmes de la possession de la terre au Brésil. Dans certains cas, il est

    beaucoup plus facile à un juge de faire appliquer, avec effet immédiat et

    rapidité, un jugement en faveur d’un grand propriétaire terrien que de faire respecter une décision du pouvoir judiciaire pour exproprier une terre

    en vue d’une légitime réforme agraire.

    Par ailleurs, des laics et des religieux sous la direction de Mgr Valentini, ont distingué, dans un document intitulé "Elections 94. Le vote responsable", trois propositions politiques et économiques faites aux citoyens

    brésiliens: la proposition "néo-libérale" qui privilégie la liberté du marché et les recommandations financières du Fonds monétaire international

    (FMI) et de la Banque mondiale; la proposition du "capitalisme organisé"

    qui met la priorité sur l’articulation organique de l’industrie avec le

    secteur financier. Une politique qui propose aussi l’augmentation des exportations et la rapide intégration brésilienne au marché mondial. Enfin le

    document présente une troisième alternative, appellée "démocratie à caractère populaire". Cette dernière demande que l’Etat promeuve, de concert

    avec la société et le capital privé, un redémarrage du développement en

    privilégiant une augmentation du revenu d’un plus grand nombre de Brésiliens. De gros moyens financiers pour l’éducation et pour la production de

    biens de base pour l’ensemble de la population sont aussi exigés comme mesures essentielles d’une telle politique.

    Les critères d’un chrétien en politique

    Là encore, le document ne cite pas de noms des candidats aux élections,

    mais il n’est pas difficile aux observateurs de distinguer les partis auxquels le document fait implicitement allusion. Le document rappelle enfin

    certains critères qu’un chrétien ne devrait pas oublier en allant voter: la

    défense d’une société qui mette au premier plan la personne humaine comme

    valeur centrale; la valeur de la conscience qui exige le respect de la liberté d’opinion; la solidarité envers les plus démunis de la société; enfin

    l’option préférentielle pour les pauvres, une option vécue par le Christ et

    relancée par l’Eglise latino-américaine". (apic/em/ba)

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