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    ...et d’une conférence alternative Chico Mendes ?

    Brésil: 1992 verra la 2e Conférence mondiale sur l’environnement (140990)

    Sao Paulo, 14septembre(APIC) Le Brésil accueillera la deuxième Conférence

    des Nations-Unies sur l’environnement et le développement durant la première semaine de juin 1992. Une vingtaine de chefs d’Etat y participeront,

    dont les présidents Bush et Gorbatchev. Une conférence alternative Chico

    Mendes, écologiste et syndicaliste brésilien assassiné, pourrait se tenir

    par la même occasion.

    Si la première Conférence, tenue à Stockholm en 1972, n’a pas vraiment

    passionné l’opinion publique mondiale, elle avait quand même eu le mérite

    d’insister sur la nécessité de préserver un environnement de la planète déjà gravement menacé par la logique d’un développement axé sur le profit, au

    delà de toute autre considération éthique ou écologique.

    La Conférence de 1992 risque par contre de faire la une: outre qu’elle

    se tiendra dans un pays qui recèle le "poumon vert" de la planète (l’Amazonie), aujourd’hui menacé par la déforestation, elle attirera vingt chefs

    d’Etat, dont George Bush et Mikhaïl Gorbatchev, 2’500 savants, 3’000 journalistes et 1’200 représentants d’organisations non gouvernementales (ONG).

    Au total, ce sont quelque 20’000 personnes de 170 pays qui préparent l’événement. Celui-ci se déroulera simultanément à Brasilia, Rio de Janeiro, Sao

    Paulo, Curitiba et Manaus.

    Le gouvernement Collor, dans la personne du Chancelier Rezek et du président d’Ibama, Tania Munhoz, s’est vu confier la responsabilité de l’organisation, malgré sa complicité avec les compagnies minières et autres grandes entreprises qui, en Amazonie, continuent à empoisonner les fleuves en y

    déversant du mercure, à pratiquer les brûlis et la déforestation, à envahir

    les territoires indigènes. Quant à l’infrastructure des communications, elle sera comme le prévoit un contrat signé avec l’ONU, aux mains de "Rede

    Globo", la puissante chaîne de télévision qui a mis sur orbite le candidat

    Fernando Collor de Mello, devenu président du Brésil à la fin de l’année

    dernière. Pour leur part, les compagnies pétrolières, entreprises minières

    et autres firmes responsables de la détérioration de l’environnement ont

    choisi d’investir dans la publicité sur des thèmes touchant à l’écologie.

    La parole aux victimes

    Comment briser ce monopole ? C’est la question que pose le théologien

    Frei Betto dans le bulletin hebdomadaire de l’agence oecuménique (AGEN)

    (Sao Paulo). On sait pourtant bien dans les états-majors des grandes compagnies, observe-t-il, que les crimes contre la nature sont "des crimes contre la société, des crimes universels, vu qu’ils n’épargnent personne". A

    long terme, en effet, mêmes les classes privilégiées ne seront pas épargnées.

    Faute d’une stratégie cohérente de la part de ceux qui déprécient le

    plus la question écologique, il faut que celle-ci échappe à leur contrôle,

    suggère le Dominicain brésilien. Cela, poursuit-il, pour permettre sa prise

    en charge par "de larges secteurs de la société qui, mobilisés pour revendiquer une vie saine, partiraient inévitablement de la nature pour remonter

    à la société, en remettant en question la logique de ceux qui sacrifient

    des vies à l’idolâtrie du marché, et donc le système économique".

    Frei Betto vise le mouvement social brésilien, auquel revient "l’obligation morale et politique" de promouvoir une "conférence alternative autour

    de l’exemple de Chico Mendes". Ce dernier est un écologiste brésilien qui

    dirigeait un syndicat de petits paysans, avant d’être assassiné par des tueurs à gages à la solde de grands propriétaires ou de compagnies. Il s’agit, explique Frei Betto, de révéler aux invités de l’ONU la situation réelle

    de l’environnement au Brésil et de dénoncer ses responsables. Pour cela, il

    ne suffit pas de mobiliser les ONG, les Eglises, les centrales syndicales,

    les mouvements populaires...: "Il est indispensable que les protagonistes

    de la Conférence alternative Chico Mendes soient des victimes de la dévastation, les personnes qui vivent et travaillent en contact direct avec la

    nature, comme les Indiens, ceux qui récoltent le caoutchouc, les paysans,

    les mineurs, les pêcheurs et ceux qui, de leurs mains, creusent le sol d’où

    on extrait l’or".

    Le théologien propose également un thème: ’Une terre pour tous’. "Car à

    bord de cette planète, comme à l’intérieur de ce pays, il est vain de penser que, en renvoyant sur la société les lésions qui lui sont imposées par

    ceux qui détiennent le pouvoir, la nature fasse une distinction entre riches et pauvres". (apic/cip/gar)

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