Brésil: 16e Congrès mondial de la presse catholique (250992)
Campos do Jordao, 25septembre(APIC/Jacques Berset) "Solidarité universelle" et "option préférentielle pour les pauvres" ont été les mots-clefs qui
ont marqué les premiers débats du 16e Congrès mondial de l’Union catholique
internationale de la presse (UCIP). Ce Congrès, qui se tient du 23 au 26
septembre à Campos do Jordao, à quelque 200 kilomètres de Sao Paulo, au
Brésil, rassemble près de 600 journalistes de 81 pays sur le thème "Presse,
chemins de solidarité".
Mercredi déjà, le Congrès a désigné le rédacteur en chef de Kathpress,
à Vienne, Erich Leitenberger, pour occuper le siège de président de la FIAC
(Fédération internationale des Agences de presse catholique). Il succède à
Robert Astorino d’UCA-News de Hong-Kong. Thomas Lorsung, de l’Agence de
presse catholique des Etats-Unis CNS, a été appelé à la vice-président de
cette même Fédération.
Cette idée forte de la solidarité, qui signifie bien plus que le constat
d’une interdépendance ou un sentiment de compassion, a pu paraître de prime
abord peu concrète aux journalistes réunis dans cette "petite Suisse brésilienne" qu’est la station touristique de montagne de Campos de Jordao. Et
pourtant, elle est d’une actualité brûlante au Brésil, pays secoué par le
"Collorgate", une crise politico-éthique sans précédent qui devrait aboutir
à la chute du président brésilien Fernando Collor. "Un héraut du néo-libéralisme affairiste et sans principes moraux", comme l’a dénoncé l’évêque
brésilien de Sao Felix do Araguaia, Dom Pedro Casaldaliga.
Lançant le débat en ouverture du Congrès, le cardinal Roger Etchegaray,
président du Conseil pontifical "Justice et Paix", a interpellé les communicateurs catholiques, dont près de la moitié sont des jeunes, membres du
Réseau international des jeunes journalistes. Il leur a dit que "tous les
hommes sont nés dans le même lit que nous" et que "nous sommes tous responsables de tous".
Etre présents à la cause du pauvre
Dans cet esprit, a poursuivi le cardinal Etchegaray, "il faut bien serrer entre ses mains ’l’option privilégiée’, ’l’amour de préférence’, le
’choix prioritaire’ que l’Eglise, non seulement en Amérique latine, présente partout avec des mots qui expriment un engagement ’ferme et irrévocable’, comme l’a dit Jean Paul II, pour être présents à la cause du pauvre,
de sa dignité, de ses droits comme personne, de son aspiration à une justice sociale définitivement acquise".
Le président de "Justice et Paix", fort applaudi par l’auditoire, a encore souligné que celui qui ne connaît pas la morsure de la vraie pauvreté
risque de s’endormir dans son confort solitaire, de ne plus affiner son
regard pour découvrir de nouveaux espaces ouverts à une solidarité sans
cesse élargie.
Un sacré défi pour les gens de presse que cet appel du cardinal Etchegaray "à voir juste, à voir loin et à voir haut", lui qui déplore que souvent
la presse, "dans ce monde obnubilé par l’argent et le prestige", donne la
parole plutôt aux riches et aux puissants. Un appel également à sortir de
notre "provincialisme" et à être "les veilleurs du monde qui se lève".
Dans son discours d’ouverture, le président sortant de l’UCIP, le français Jean-Marie Brunot, a également relevé la responsabilité qui incombe
aux participants de ce Congrès: mettre en oeuvre des projets solidaires
concrets, "car nous savons bien que là où ne se développe pas l’information, on s’installe dans le sous-développement". (apic/jb/pr)