Bratislava : Mgr Feranec s’oppose aux autorités slovaques (181288)
Bratislava, 18décembre(APIC) Mgr Joseph Feranec, évêque de Banska Bystrica, en Slovaquie centrale, a adressé au chef du gouvernement de Slovaquie
une lettre de protestation qualifiée de "sensationnelle" par les observateurs. Le vieil évêque - il est âgé de 78 ans - qui était considéré comme
favorable au régime, a renvoyé les décorations qui lui avaient été remises.
Pour protester contre la répression policière exercée contre les croyants
il a restitué l’"Ordre de la République" qui lui avait été décerné.
Selon un correspondant de l’agence APIC citant des milieux bien informés
de l’Eglise slovaque, la protestation de Mgr Feranec a fait l’effet d’une
véritable bombe, ce prélat ayant jusqu’ici adopté une attitude docile envers le régime.
Mgr Feranec justifie sa protestation en raison de l’intervention massive
et violente de la police contre une manifestation en faveur de la liberté
religieuse le 25 mars dernier à Bratislava. Ce jour-là quelque 2000 catholiques avaient participé à un rassemblement non autorisé sur la Place du
Théâtre et avaient été dispersés brutalement par les forces de l’ordre.
Leur action se situait dans le sillage de la pétition demandant le respect
de la liberté religieuse en Tchécoslovaquie et déjà signée par plus de
400’000 personnes dans tout le pays. Dans sa lettre l’évêque proteste contre les brutalités policières exercées contre les croyants. Cette lettre
est datée du 29 mars et une indiscrétion vient seulement d’en révéler le
contenu.
Plus loin Mgr Feranec désapprouve un article paru dans le journal du
Parti slovaque la "Pravda" dans lequel le président de la "République indépendante de Slovaquie" (placée sous la protection de l’Allemagne nazie),
le prêtre catholique Jozef Tiso, a, de l’avis de beaucoup de catholiques,
été calomnié. Enfin le prélat informe le gouvernement que son opinion sur
l’association de prêtres "Pacem in terris" a changé : maintenant il la juge
de façon négative.
"Pacem in terris" proche du régime
Les autorités tchécoslovaques ont jusqu’à aujourd’hui empêché la dissolution de l’association de prêtres "Pacem in terris" bien que celle-ci soit
en contradiction avec le droit canon et un décret du Vatican.
"Pacem in terris" apparaît comme un instrument de contrôle de l’Etat sur
la vie de l’Eglise. Appuyés par les autorités, les chefs de file de cette
association occupent des postes-clés dans la vie de l’Eglise. Mgr Feranec
n’a jamais été membre de "Pacem in terris", mais il a pris part à des manifestations qu’elle avait organisées.(apic/kpr/cor)