Bratislava : Le pape achève son périple en Tchécoslovaquie (220490)
Bratislava, 22avril(APIC) Le pape Jean Paul II a à nouveau réuni dimanche
après-midi, malgré un temps pluvieux, plusieurs centaines de milliers de
fidèles à l’occasion d’une messe célébrée sur l’aéroport de Vajnori, près
de Bratislava, capitale de la Slovaquie. Il a une nouvelle fois rendu hommage à tous ceux qui, sous l’ancien régime, ont confessé leur foi en dépit
des dangers auxquels ils s’exposaient.
Quelque 1200 bus étaient rangés dimanche le long de l’autoroute qui mène
à Nitra, ainsi que 70’000 voitures privées sur les places de parc ou dans
les champs. L’ambiance était à la fête, et l’on pouvait même trouver une
édition en slovaque du quotidien viennois "Kurier", affirmant en gros
titres que quatre millions de Tchécoslovaques voulaient voir le pape.
En Slovaquie, les attentes face aux suites de cette visite pontificale
sont extrêmement grandes. Dans une interview accordée à l’agence APIC,
Frantisek Sykora, rédacteur en chef du journal catholique de Bratislava
"Katolicke noviny" tempère un peu ces espérances, car à Bratislava, deuxième ville du pays avec ses 400’000 habitants, il y a également chez certains
du scepticisme, si ce n’est de l’hostilité.
"Montrer que nous sommes avec le pape"
Malgré tout, affirme F. Sykora, pour la plupart des Slovaques, cette
courte visite est "l’événement du siècle", et la population est très enthousiaste dans les villages. "Nous voulons finalement montrer que nous
sommes catholiques; jusqu’à maintenant, nous devions nous cacher et beaucoup avaient peur; maintenant, poursuit le rédacteur en chef de "Katolicke
noviny", nous pouvons montrer ouvertement que nous sommes forts, que la
foi, après 40 ans de persécution, que la fidélité au pape, sont encore
là... Toutes les tentatives de nous séparer de Rome ont échoué !"
Au cours de son homélie, le pape a rendu hommage aux évêques qui finirent en prison, "humiliés, empêchés, maltraités", aux prêtres "menacés,
agressés, entravés dans l’exercice de leur ministère", aux religieux expulsés de leurs couvents et emprisonnés, aux religieuses écartées de leur service aux pauvres, aux parents contraints de limiter l’éducation chrétienne
de leurs enfants... Jean Paul II a assuré les fidèles que l’Esprit de Dieu
ne les a jamais abandonnés.
Il a aussi souligné, en se référant à Sastin, le sanctuaire national de
la Vierge des douleurs, le rôle qu’ont joué les pèlerinages au cours des
dernières années. "Leurs échos, a-t-il dit, ont franchi les frontières :
des foules de jeunes, des dizaines de milliers de fidèles, malgré les interdictions et les empêchements de toutes sortes, ont eu le courage d’exprimer leur dévotion à la Mère de Dieu". S’adressant à la foule à l’issue
de la cérémonie, au moment de prendre congé, le pape a déclaré que "les années de dures épreuves ont laissé des traces, mais elles ont aussi révélé
chez beaucoup une persévérance qui a souvent atteint les sommets de l’héroïsme!". Enfin, au moment de laisser définitivement la foule, le pape a
lancé : "Ce n’est pas, je l’espère, un ’adieu’, mais un ’au revoir’."
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