Interview de Mgr Franjo Komarica, évêque de Banjaluka
Banjaluka, 9août(APIC) Mgr Franjo Komarica, évêque de Banjaluka en Bosnie, a pu visiter ces derniers jour les communautés de la région. Dans une
interview par téléphone, il a décrit la situation au correspondant de
l’APIC.
"Après m’avoir enlevé pendant les dernières semaines et tenté de me mettre à mort, les autorités officielles se sont excusées", explique Mgr Komarica. "Le général de l’armée serbe à Banjaluka a mis une escorte militaire
à ma dispostion. J’ai pu me rendre dans un rayon de 50 à 70 kilomètres au
nord, à l’ouest et à l’est de la ville. Je sais maintenant la vértié de ce
qui se passe là-bas, même si je ne peux tout dire au téléphone", a déclaré
Mgr Komarica.
"La peur est la panique grandissent parmi la population. Les catholiques
sont chassés comme des lapins. Ils sont tracassés, arrêtés et torturés. Ils
doivent abandonner leur maison, uniquement parce qu’ils sont catholiques.
Les prêtres sont chassés et les cures pillées. Des églises sont totalement
détruites: une vingtaine sont gravement endommagées, quelques unes plus légèrement. Grâce à des négociations, j’ai pu faire libérer deux prêtres de
prison et un d’un camp".
"Oui bien sûr qu’il y a des camps. Les personnes enfermées sont si
nombreuses que je ne peux pas vous dire qui se trouve là. Il se passe dans
ces camps des choses effroyables. Je ne peux pas malheureusement vous en
dire plus".
"Il y a beaucoup de petits groupes militaires. Dans un village par
exemple, 2’000 catholiques ont été forcés à partir sous la menace. Ils ont
dû partir bien que le maire et d’autres politiciens aient dit que cela
n’était pas bien. Une persécution sytématique des catholiques est en route.
Il s’agit d’un nettoyage ethnique. Beaucoup pensent à l’émigration".
"J’estime qu’environ 25’000 catholiques ont déjé fui le diocèse. Nous
espérons qu’ils puissent rentrer. Au moins une fois autant sont encore ici.
"La situation de l’approvisionnement est effrayante. Nous n’avons plus de
posibilité de recevoir de la farine, du sucre, de l’huile, des produits de
nettoyage de la Caritas de Zagreb. J’ai envoyé huit camions, mais ils ont
été confisqués. En comparaison, la détresse à Banjaluka est un peu moins
grande. En commun avec l’évêque orthodoxe et avec le mufti musulman, nous
cherchons à faire quelque chose pour le calme et la paix. Le général de
l’armée serbe m’a assuré de son soutien. Par ailleurs tous les catholiques
ont quitté leur place de travail ce qui pour le moment n’est pas trop grave
car la production industrielle est épuisée". (apic/kna/mp)