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    Vers la destruction complète de l’Eglise catholique de ce diocèse bosniaque

    Bosnie: Dramatique appel de l’évêque et des prêtres de Banja Luka (160393)

    Paris, 16mars(APIC) Un "processus de destruction complète de l’Eglise catholique sur le territoire de l’évêché de Banja Luka", en Bosnie, est en

    cours, dénonce Mgr Franjo Komarica, évêque de la ville bosniaque aux mains

    des milices serbes, dans un appel pathétique adressé à l’opinion publique

    mondiale et répercuté lundi par la Conférence des Evêques de France. Soulignant que l’Eglise est présente à Banja Luka depuis plus de 17 siècles,

    Mgr Komarica demande ce qui peut justifier "un tel crime en Europe à la fin

    du 20e siècle de l’ère chrétienne".

    L’appel de l’évêque de Banja Luka, soutenu par tous ses prêtres, révèle

    que plus du 90 % des églises et le tiers des autres édifices religieux ont

    été profanés, démolis sans motif ou plus ou moins gravement endommagés.

    Nombreux sont les civils innocents et non armés - femmes, enfants, vieillards, hommes - qui ont été torturés, massacrés ou déportés dans des camps.

    Plusieurs prêtres ont été torturés et assassinés

    Un prêtre a succombé en prison sous la torture, deux autres prêtres ont

    été tués après avoir été torturés, poursuit Mgr Komarica. De graves sévices

    psychiques et physiques ont été infligés à des religieuses, expulsées de

    leurs monastères; de nombreuses femmes et jeunes filles ont été violées.

    Dénonçant la "pratique programmée permanente de la purification ethnique"

    menée par les Serbes dans son diocèse, l’évêque de Banja Luka affirme que

    pratiquement 50% des fidèles de son diocèse ont dû quitter leurs foyers,

    soit plusieurs dizaines de milliers de personnes.

    De nombreux catholiques voient leur existence menacée par des licenciements massifs, en particulier dans les centres urbains ou sont soumis à la

    mobilisation forcée et contraints à participer à la guerre menée contre

    leur propre peuple ou contre un autre peuple. La plupart des hommes adultes

    dans les territoires occupés ne peuvent plus circuler librement. La population est pratiquement privée de soins médicaux et l’indispensable aide humanitaire acheminée par la Caritas diocésaine est interrompue sans motif.

    L’existence de plusieurs milliers de familles qui dépendent exclusivement

    de la Caritas est ainsi remise en cause.

    "Malgré l’anarchie régnant depuis dix mois et la privation des droits

    que nous subissons, notre peuple n’a pas répliqué au mal par le mal; nous

    souhaiterions qu’il continue à ne pas réplique. Mais nous sommes déjà tous

    plus ou moins à bout de force!", avertit l’évêque de Banja Luka, qui craint

    que la violence n’engendre une violence encore plus dramatique et périlleuse pour tous. Mgr Komarica lance un appel à toutes les autorités ecclésiales et aux chefs d’Etat en les priant "de ne pas admettre la légalisation

    ni la poursuite d’une crime atroce contre l’homme, les peuples et l’humanité". (apic/com/be)

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