Bosnie: Action de Terre des Hommes Lausanne (020393)
La vie s’organise... la vie continue!
Fribourg, 2mars(APIC) Depuis le mois de novembre 1992, Terre des Hommes
Lausanne mène une action d’urgence dans la région de la ville de Tuzla, au
nord-est de la Bosnie. Mme Bernardoni a accompagné l’un des convois qui
s’est rendu sur place. Tout est arrivé à bon port témoigne-elle, mais les
besoins sont grands dans cette ville de 100’000 habitants où 100’000 déplacés ont trouvé refuge. La proximité du front serbo-bosniaque fait régner
une ambiance d’angoisse sur la ville régulièrement bombardée tous les deux
ou trois jours.
Lorsqu’on parle de Bosnie la terrible question des viols vient immédiatement à l’esprit. Les cas de viols sont rééls comme l’indiquent trois témoignanges directs recueillis par Mme Bernardoni. Il est cependant extrêment difficile de mesure l’ampleur du phénomène. Le chiffre de 2’000 femmes
enceintes et de 300 naissances avancé par certaines sources semble fortement exagéré. "A l’hôpital de la ville on a signalé quatre avortements et
aucune naissance consécutifs à des viols". "Au bureau des crimes de guerre,
aucun renseignement clair n’est disponible", constate perplexe Mme Bernardoni.
Les camions internationaux arrivent à Split. La marchandise est alors
chargé sur des véhicules plus petits et on circule en convoi vers Tuzla situé à quelque 400 km, explique Mme Bernardoni. Avant la guerre il fallait 6
heures, il en faut maintenant 48 heures et le passage d’une quarantaine de
barrages. Tous nos convois ont passé, se félicite Terre des Hommes. Quelques paquets de cigarettes ont en général suffit pour négocier. Certaines
parties du trajet se font sous l’escorte des casques bleus. La distribution
est assurée sur place par l’organisation elle-même, dans les centres d’hébergements, les hôpitaux, les quartiers, les villages et même directement
auprès des familles. Terre des Hommes est actuellement la seule organisation internationale sur place excepté le HCR et le CICR.
Depuis le mois de juin, quelque 100’000 réfugiés ont afflué dans la ville. Ils campent dans les écoles, les halles de sports, les usines ou chez
les particuliers, souvent sans chauffage alors que la température à cette
saison varie de moins 18 à plus 18. "Il n’ y a pas de gens très mal en
point physiquement" témoigne Mme Bernardoni, mais les carences alimentaires
et l’anémie progressent. Tous ces réfugiés sont cependant libres de leurs
mouvements.
Si quelques classes fonctionnent encore dans des caves ou des abris, la
vie de cette cité industrielle est entièrement paralysée, les usines sont
fermées, les magasions vides, l’administration civile pratiquement inexistante. La jeunesse souhaite se battre mais n’a ni armes ni moyens, les gens
d’âge moyen se résignent, les vieux attendent la mort. Toute l’énergie est
consacrée à trouver les moyens de survivre, le plus souvent chacun pour
soi, remarque Mme Bernardoni. La bureaucratie de l’ère communiste est encore bien présente. Par exemple les rations distribuées par les autorités
sont absolument identiques pour tous indépendamment de l`âge et de la condition sociale des gens. Ces rations sont inutiles pour les personnes aisées, qui s’empressent de les revendre, elles sont insuffisantes pour ceux
dont c’est la seule ressource.
A Stupari, Terre des Hommes a pu ravitailler un camp ou se trouvent 96
prisonniers civils serbes. "Ils n’avaient pas l’air maltraités."
Trois convois devraient encore partir jusqu’à fin mars, annonce Terre
des Hommes qui fera alors une évaluation précise. Il s’agira notamment de
voir s’il y a quelque chose à faire du côté serbe, conclut Mme Bernardoni.
(apic/mp)
Des photos sont disponibles auprès de Terre des Hommes, tél 021/653 66 66.
Des dons peuvent être encore envoyés à Terre des Hommes, 17 port Franc,
quartier du Flon, 1003 Lausanne.