Bombay : Les leaders de diverses confessions chrétiennes (070990)
Les chrétiens affirment leur droit d’exister en Inde
Bombay, 7septembre(APIC) Les leaders de diverses confessions chrétiennes
de Bombay, en Inde, ont exprimé dans un communiqué commun leur inquiétude
concernant les discriminations croissantes, voire les "atrocités", dont
sont victimes les chrétiens à travers le pays, annonce l’agence de presse
catholique SAR News à New Dehli.
Les crimes, qui frappent spécialement les prêtres missionnaires et les
religieuses provenant des castes les plus défavorisées et des tribus, inquiètent de plus en plus les responsables religieux chrétiens à Bombay,
précise le communiqué signé par le cardinal Simon Ignatius Pimenta,
archevêque de Bombay, Mgr Samuel B. Joshua, évêque de l’Eglise du Nord de
l’Inde, Mgr Stanley Downes, évêque de l’Eglise méthodiste de l’Inde, et Mgr
Paul Chittilapilly, évêque catholique de Kalyan des Syro-Malabars.
Le communiqué intitulé "Sentiment d’insécurité croissant dans la communauté chrétienne" commence par une déclaration attribuée à l’ancien vicepremier ministre Davi Lal, invitant les chrétiens à quitter le pays et à
partir à l’étranger. Selon les évêques signataires, depuis cette prise de
position du ministre, un sentiment d’insécurité croissant s’est répandu
dans la communauté chrétienne. Les incidents et le harcèlement continuel
contre les institutions chrétiennes se développent en effet dans diverses
parties du pays.
Pas d’avantages pour les chrétiens des castes défavorisées
Les responsables chrétiens s’inquiètent de constater que le Décret présidentiel de 1950 a été amendé dans le but d’inclure les néo-bouddhistes,
mais pas les chrétiens issus de castes les plus défavorisées, malgré la demande réitérée des chefs de la communauté chrétienne. D’après le communiqué, il est bien connu que les chrétiens issus des castes les plus pauvres
sont dans la même condition d’arriération économique et sociale que leurs
frères hindous; néanmoins les facilités et les réservations ne leur sont
pas accordées comme elles le sont aux hindous, aux sikhs et maintenant aux
néo-bouddhistes des castes les plus défavorisées. "La motivation religieuse
de cette amendement n’est devenue que trop claire et la discrimination basée sur la religion est évidente", ajoute le communiqué qui dresse une liste des agressions commis contre des prêtres et des religieuses.
Dans leur message, les chefs des différentes confessions affirment que
la communauté chrétienne est tout autant originaire du pays que les autres.
Ses fils et ses filles ont combattu pour l’unité et l’intégrité de la patrie sur les champs de bataille et partout ailleurs. Ses institutions et
ses organisations sanitaires et sociales sont au service des gens sans tenir compte ni des castes ni des croyances. En fait, la contribution de la
communauté chrétienne au développement et au bien-être de la nation dépasse
de loin ce que son nombre pourrait suggérer.
Le taux croissant des attaques contre leurs communautés amène les évêques à se demander si la nature patiente, tolérante et indulgente des chrétiens n’est pas exploitée. "Après tout, aucune violence ni représailles ne
sont à attendre de la part des serviteurs du Christ", relèvent-ils.
Le communiqué se termine par l’espoir que tous les hommes de bien se
rendent compte des souffrances subies par la communauté chrétienne et
soient solidaire avec elle dans ses efforts pour sauvegarder son droit
d’exister en Inde et de continuer son oeuvre en faveur de la société.
(apic/sar/gar)