Lima, 9mars(APIC) La vaste campagne de vaccination contre les maladies
infantiles, intensifiée par le gouvernement bolivien depuis 1984, ne semble
guère aller dans le sens d’un abaissement notoire de la mortalité infantile
particulièrement importante dans ce pays. La plus élevée de l’Amérique du
Sud.
A en croire l’Unicef, le manque de soins et de ressources financières
provoquent en Bolivie la mort d’un enfant chaque 16 minutes. L’Unicef
déplore que pour 1000 naissances, 174 enfants meurent aujourd’hui dans ce
pays andin à la suite de diarrhées et de difficultés respiratoires notamment. L’Institut national bolivien pour l’alimentation et la nutrition
relève pour sa part que 51 décès surviennent sur 284 naissances.
Ces chiffres sont en partie corroborés par le Ministère de la Santé. Ce
dernier fait en effet remarquer que pour le tiers des enfants de moins d’un
an et pour le 50 0/0 de ceux âgés de un à quatre ans, l’origine de cette
mortalité s’explique par les diarrhées et les difficultés respiratoires.
Des maladies particulièrement fréquentes dans cette partie du continent sud
américain.
La rougeole et la déshydratation en particulier représentent également
un danger constant pour les enfants. De nombreux décès sont encore et malheureusement dus à ces deux maladies.
Selon Maria Teresa Paz, sous-secrétaire au Ministère de la Santé, la
campagne de vaccination ne permet sans doute pas de parler d’effets scientifiques, en revanche, constate-t-elle, l’indice d’internements d’enfants
dans les hôpitaux et de mortalité est en régression.
Ce qui, pour le pays, n’empêche pourtant pas le terrible bilan actuel:
la Bolivie voit mourir un enfant chaque 16 minutes. En d’autres termes, elle enregistre le décès de près de 87 enfants par jour, de 2626 par mois et
de 31 520 par an. Autre constatation de l’Unicef: le 49 0/0 de la population infantile souffre de dénutrition dîte légère et 3 0/0 de dénutrition
jugée grave.
L’origine de la plupart des drames qui affectent les milieux ruraux et
ouvriers est à mettre sur le compte du manque d’argent. Constatant le décès
d’un de ses enfants, une mère dira: "Je ne sais pas de quoi il est mort. Je
n’ai pas pu consulter de médecin. Nous n’avions pas d’argent. C’est mon
quatrième enfant que je vois mourir ainsi". (apic/pr/bd)