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    Une culture de tradition aujourd’hui exploitée par les trafiquants Paz,

    Bolivie: répression contre des agriculteurs producteurs de coca (230888)

    23août(APIC) Depuis les temps les plus reculés, la culture de la feuille

    de coca représente une "activité légitime" pour les "campesinos" des hauts

    plateaux andins, de la Bolivie et du Pérou. Ces derniers en mâchaient la

    feuille bien avant que la plante ne devienne la cause principale du trafic

    de la cocaïne. En Bolivie cependant, la lutte contre la culture de la feuille de coca s’effectue aussi bien contre les trafiquants que contre les

    paysans. Ceux-ci semblent cependant particulièrement touchés par la répression, huit d’entre-eux ont été assassinés par la police au cours de ces

    derniers mois.

    Plusieurs organismes internationaux tentent d’apporter leurs contributions en faveur de la lutte contre la drogue et les trafiquants de ce poison;

    ces contributions sont d’ordre technique ou financière. Elles vont de la

    fourniture d’armes et l’envois de troupes, comme c’est le cas pour les

    Etats-Unis, jusqu’à favoriser la mise au point d’herbicides afin d’enrayer

    le développement et la reproduction de la plante. Mais d’autres solutions

    existent, elles consistent à donner aux paysans producteurs de la feuille

    de coca la possibilité d’une culture contrôlée pour les "besoins locaux"

    caractérisés par le mâchouillement de la feuille, tout en les aidant à

    trouver et à financer une culture de remplacement qui pourrait laisser

    matériellement ce que rapporte la culture de la feuille de coca.

    Davantage qu’une tradition pour les indiens des Andes, le mâchouillement

    de la feuille de coca les aide à supporter les froids les plus vifs qui

    sévissent en altitude, voire l’absence de nourriture. C’était ainsi sous

    l’empire Inca, et c’est toujours vrai aujourd’hui, à la différence que les

    populations meurent de plus en plus de faim. Reste que la méthode répressive utilisée aujourd’hui contre les producteurs de coca fait partie d’une

    conception nord-américaine qui prétend, unilatéralement, que la feuille de

    coca est la cause principale du trafic de cocaïne. Bon nombre d’organismes

    internationaux contestent cette vision des choses. Et avec eux certaines

    Eglises, qui font remarquer que la culture de la coca représente pour les

    paysans une activité et une façon de vivre vieilles de plusieurs siècles.

    Jusqu’au jour ou, disent-elles, la coca a été convertie en matière première

    de l’industrie du trafic de la cocaïne.

    Or, si la répression se fait aujourd’hui indistinctement, elle frappe en

    particulier les paysans qui manifestent contre les traitements qu’ils subissent de la part des autorités. Et c’est précisément au cours d’une manifestation, à Villa Tunari, dans le département de Cochabamba, que la police

    est récemment intervenue contre les paysans. Huit agricultueurs avaient

    alors perdu la vie. (apic/soe/pr)

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