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    Bolivie: les évangéliques proposent d’amender la Constitution (041190)

    La Paz, 04novembre(APIC) Des responsables de l’Association évangélique de

    Bolivie ANDER lancent une campagne pour obtenir un amendement constitutionnel visant à abroger la reconnaissance officielle de l’Eglise catholique

    romaine et à garantir le libre exercice de la religion. Citant les documents de Vatican II, la Déclaration universelle des droits de l’homme, et

    les idéaux de patriotes latino-américains comme Simon Bolivar, l’amendement

    propose de changer l’article 3 de la Constitution bolivienne.

    L’article actuel stipule: "L’Etat reconnaît et soutient la religion

    catholique romaine et apostolique. Il garantit l’exercice public de tous

    les autres cultes. Les relations avec l’Eglise catholique sont régies par

    des concordats avec l’Etat bolivien et le Saint-Siège". Le nouvel article

    serait libellé comme suit: "L’Etat garantit et protège l’exercice public de

    tous les cultes religieux, à condition qu’ils ne soient pas contraires aux

    lois de la république".

    La question de la séparation entre l’Eglise et l’Etat a été soulevée publiquement en janvier dernier lors du premier petit déjeuner de prière organisé autour du président, Jaime Paz Zamora. Pedro Moreno, pentecôtiste,

    avait alors demandé dans une allocution la neutralité de l’Etat en matière

    religieuse: "Nous ne proposons pas que l’Etat soit athée. L’Etat laïc autorise toutes les activités religieuses sans distinctions, alors que l’Etat

    athée interdit l’évangélisation et l’activité religieuse. Nous savons que

    toute entrave à la liberté religieuse, telle que l’ingérence de l’Etat dans

    les affaires de l’Eglise, peut conduire à de douloureuses expériences".

    Le président Jaime Paz Zamora et plus de 200 responsables gouvernementaux étaient présents lors de cette allocution, mais les médias ont surtout

    cité le discours du président, et les critiques des catholiques romains sur

    sa présence aux côtés des évangéliques lors de ce petit déjeuner de prière.

    Les médias boliviens ont ensuite alimenté le débat sur la tolérance religieuse. Citant l’existence de "179 confessions non catholiques", un journal

    a dénoncé en première page la prolifération de ces "corporations transnationales" et réclamé une enquête approfondie sur ces "sectes étrangères à

    la tradition culturelle du pays".

    En réponse, Felipe Kittelson, secrétaire exécutif de l’Association évangélique, a déclaré que donner à des organismes religieux "une étiquette

    aussi péjorative que secte conduisait à la déshumanisation de ces citoyens,

    qui sont tout autant Boliviens et dignes de respect que les autres". Alors

    que les instances catholiques romaines s’opposent à la séparation entre

    l’Eglise et l’Etat, les politiciens boliviens sont intéressés par les votes

    évangéliques, en particulier après la poussée enregistrée par les évangéliques lors des élections présidentielles du début de l’année au Pérou.

    (apic/na/spi/pr)

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