Oruro, 12mai(APIC/CIP) Après sa rencontre avec les religieuses, dans la
cathédrale de La Paz, Jean Paul II a regagné l’aéroport de la capitale bolivienne, ou il a embarqué à destination de Cochabamba,. C’est là qu’il a
passé la nuit au couvent des Franciscains. Puis dans la matinée du 11 mai,
il s’est rendu à Oruro, une ville de 132.000 habitants située à 3.700
mètres d’altitude. Oruro est la capitale minière de l’étain et un noeud
ferrovière, un centre industriel que traverese un oléoduc. Le pape y a rencontré les agriculteurs, les ouvriers et les mineurs.
Plus de 65 0/0 de la population bolivienne est rurale. Jusqu’à la privatisation des mines, en 1952, les mineurs constituaient le pivot de l’économie du pays. Après 1952, la fuite des capitaux, l’épuisement des mines
d’étain et la chute des prix des matières premières ont provoqué une grave
crise qui n’a pas touché que le seul secteur minier. Des 30.000 mineurs encore au travail il y a deux ans, 2.000 seulement sont encore en activité.
Jean Paul II a ouvert son discours en décrivant les travailleurs de la
mine. "Dans vos visages, a-t-il dit, on voit les signes de la solitude, de
la fatigue et des privations propres à une vie austère, qui vous a appris à
vivre même sans le nécessaire". Quant aux grandes mines, elles sont "le
témoignage muet de tant de vies humaines qui se sont consummées tacitement
en ces lieux".
Jean Paul II a dit savoir que les travailleurs de la mine étaient victimes d’une grande injustice au niveau des salaires, que le coût de la vie
continue à augmenter et que le chômage a atteint des proportions alarmantes. Il a dit sa préoccupation face à la mortalité infantile, due à la malnutrition et au manque des services sanitaires.
S’adressant aux paysans, le pape a souligné que, bien qu’une réforme
agraire ait été réalisée, des problèmes sérieux subsistent qui appellent
des "solutions audacieuses" tenant compte de l’hypothèque sociale qui grève
la société privée. Jean Paul II n’a pas hésité à faire appel aux sentiments
de justice et d’humanité de tous les responsables, leur demandant de
respecter le droit de tous au travail. Il a exprimé la solidarité de
l’Eglise, en soulignant que la foi en Dieu est le fondement de notre sollicitude pour la jusitce, et que dans la lutte pour cette justice, il faut
exclure toute forme de violence.
Enfin, le pape a exhorté les prêtres, religieux, religieuses,
catéchistes et travailleurs pastoraux à préserver dans leur travail apostolique dans une totale communion avec les pasteurs et en restant fidèles à
l’enseignement de l’Eglise, sans permettre que des intérêts étrangers à
l’Evangile troublent la pureté de la mission que l’Eglise leur a confiée.
(apic/cip/bd)