Bolivie: l’exemple des évangélistes péruviens fait boule de neige (290890)
La Paz, 29août(APIC) L’Association nationale des évangélistes de Bolivie
(ANDEB) entend briser les privilèges accordés en Bolivie à l’Eglise catholique. Encouragée sans doute par le succès des évangélistes péruviens lors
des élections présidentielles, cette association entame maintenant une campagne pour l’établissement d’un Etat laïc dans le pays, à travers un amendement qu’elle propose à la Constitution actuelle qui reconnaît l’Eglise
catholique comme religion officielle.
L’amendement se réfère à l’article 3 de la "Loi fondamentale bolivienne", ainsi formulé: "L’Etat reconnaît et soutient la religion catholique,
apostolique et romaine. Il garantit l’exercice public de tout autre culte.
Les relations avec l’Eglise catholique sont régies par le concordat et les
accords passés entre l’Etat bolivien et le Saint-Siège". Les évangélistes
boliviens proposent la modification suivante: "L’Etat garantit et protège
l’exercice public de tout culte religieux pour autant qu’il ne contrevient
pas aux lois de la République".
Quant à l’idée d’une séparation Eglise/Etat, elle est née en janvier de
cette année déjà, lors d’un "déjeuner" qui avait réuni le président bolivien Jaime Paz Zamora et des groupes évangéliques. Une idée que se refuse à
envisager la hiérarchie de l’Eglise catholique, mais que partagent certains
politiciens boliviens sensibles (électoralement?) à la requête des évangélistes, en particulier depuis la victoire électorale d’Alberto Fujimori,
nouveau président du Pérou, secondé à la vice-présidence par Carlos Garcia,
président en titre du Concile national des évangélistes.
"Les partis cherchent à obtenir notre appui"
Fort de l’exemple péruvien, d’aucuns pensent aujourd’hui que les évangélistes représenteront dans un proche avenir une importante force politique
en Bolivie. "Effectivement, l’Eglise évangélique en Bolivie connaît une
croissance remarquable", affirme Pedro Moreno, secrétaire général du "Fonds
d’Urgence Sociale" et membre laïc actif de l’Eglise pentecôtiste.
Pour ces raisons, explique en outre Pedro Moreno, "l’attente est grande
en Bolivie, non seulement de la part du président et de son gouvernement,
mais aussi du côté des partis d’opposition: ceux-ci cherchent à obtenir
notre appui politique parce que nous constituons un organisme uni et militant". (apic/na/pr)