Bolivie : Jean Paul II rencontre (130588)
Santa Cruz, 13 mai (APIC/CIP) Jeudi soir 12 mai, Jean Paul II a rencontré
le monde intellectuel et la classe dirigeante au collège "La Salle" de
Santa Cruz. Ce collège est l’une des institutions par lesquelles l’Eglise
entend préparer les élites de la nation. C’est également dans le but de
former des responsables pour le pays que l’Eglise a fondé l’Université
catholique de La Paz et l’UNIAPAC (association des dirigeants
d’entreprise), comme elle prépare des dirigeants syndicaux dans la jeunesse
ouvrière chrétienne (JOC). Cela lui vaut d’être fréquemment appelée à
intervenir dans les conflits sociaux en qualité de médiateur.
Dans son discours, Jean Paul II s’est prononcé pour une répartition
rationelle et un partage du travail, en tenant compte des capacités de
chacun, chacun étant appelé à collaborer au bien commun. "Construire la
société, a-t-il dit, c’est pour ainsi dire construire l’homme, en visant
l’épanouissement de l’homme intégral. Vous trouverez en Jesus l’inspiration
nécessaire pour cette tâche."
Après avoir appelé à la solidarité - "nous sommes tous vraiment
responsables de tous" -, Jean Paul II a affirmé que le peuple bolivien doit
pouvoir regarder vers le futur avec espoir, car il possède de riches
valeurs. Il a souligné à ce propos que l’évangélisation doit tenir compte
de la culture. "Dans les valeurs spécifiques de chaque culture, on trouve
les germes authentiques de la parole", a-t-il ajouté, invitant les
responsables à compléter ces valeurs propres avec les vérités de la foi de
leurs ancêtres. Il a designé le service de l’homme, dans la satisfaction de
ses besoins concrets d’aujourd’hui et la prévention de ceux de demain,
comme l’objectif commun. Et de citer la lutte contre la faim, la pauvreté,
le chômage, l’analphabétisme, ainsi qu’une exploitation avisée des
ressources naturelles, sans exclure qui que ce soit.
Le pape a demandé aux intellectuels et aux dirigeants d’être
particulièrement attentifs au phénomène de la fuite des cerveaux et des
capitaux, qui nuisent grandement au développement du pays. Il a réclamé une
législation qui reconnaisse et respecte le droit à la grève, en veillant à
éviter que des abus se produisent de part et d’autre.
A la classe politique, le pape a demandé de créer les conditions d’une
participation démocratique de tous ceux qui vivent en marge de la société.
Enfin, il a lancé un appel en faveur d’une plus grande solidarité entre les
nations latino-américaines, afin qu’elles puissent traiter d’égalité avec
les pays industrialisés. (apic/cip/ym)