La Paz, 10 mai (APIC/CIP) C’est à la nonciature de La Paz que Jean Paul II
a rencontré mardi matin des représentants des autres confessions
chrétiennes, puis de la communauté hebraïque et, enfin, les 39 évêques de
la Conférence épiscopale bolivienne.
Apres avoir ecouté l’adresse de Mgr Julio Terrazas, président de la
Conférence épiscopale, Jean Paul II a prononcé un discours ou il a d’abord
mis en exergue une dimension essentielle du ministère épiscopal : "donner
sans cesse vie à l’oeuvre de salut du Christ".
Tout en se réjouissant de la grande religiosité du peuple bolivien, Jean
Paul II a souligné ensuite que celui-ci avait besoin d’orientations pour
pouvoir se défendre contre les sectes qui se multiplient dans le pays. "Ces
sectes dites fondamentalistes, a-t-il indiqué, sèment la confusion parmi la
population et peuvent affaiblir la cohérence et l’unité du message
évangelique." Le pape a ici insisté sur la necessité d’une formation
chrétienne solide à tous les niveaux, particulièrement chez les
séminaristes et les prêtres.
Abordant le thème de la justice, Jean Paul II a rappelé qu’il ne s’agit
pas simplement de combattre les structures de péché, comme il l’a souligné
dans son encyclique "Sollicitudo rei socialis", mais aussi le péché
personnel, "surtout l’egoïsme, qui est la racine originelle de ces
structures injustes et du péché". Désapprouvant le recours à la violence et
à la haine comme moyen de réaliser la justice, le pape a fait allusion à la
théologie de la libération. "On ne peut nier qu’il y ait des valeurs
positives dans une théologie de la libération saine et authentiquement
évangélique, a-t-il affirmé, mais il ne faut pas oublier que les déviations
et risques de déviation connexes à cette forme de réflexion et d’élaboration théologique ont été signalées comme il convient par le magistère
ecclésiastique". Le pape a ajouté qu’une réflexion théologique qui porte à
déformer la parole inspirée et est arbitrairement réductrice ne peut être
acceptée par l’Eglise.
Cela ne signifie pas que les pasteurs doivent garder le silence devant
les situations d’injustice indéniables, a-t-il precisé. Dans le domaine social, l’Eglise doit exercer une fonction prophétique, qui implique la
dénonciation des maux et des injustices. Neanmoins, il convient de souligner que l’annonce est toujours plus importante que la dénonciation, une
annonce qui rend vraiment solide et forte la plus haute motivation."
En concluant, Jean Paul II a encore demandé aux évêques d’être des
"semeurs d’espérance", en ne se contentant pas d’offrir "des espoirs
temporels et des libérations partielles de maux uniquement terrestres".
(apic/cip/ym)