Bolivie: des représentants des Eglises catholique (010491)
La coca n’est pas la cocaïne
La Paz (Bolivie), 1eravril(APIC) Pour la première fois en Amérique latine, des représentants des Eglises catholique et protestantes ont abordé
lors d’une session tenue à la Paz (Bolivie) le problème de la feuille de
coca et de la cocaïne. La feuille de coca, traditionnellement mastiquée par
les indigènes des hauts plateaux andins et la cocaïne, fabriquée à partir
de la feuille de coca, cette drogue sur laquelle les trafiquants font main
basse pour répandre son poison dans le monde entier, l’Europe et l’Amérique
en particulier, ne doivent pas être confondues, ont-ils affirmé.
"Nous comprenons que la feuille de coca n’est pas la cocaïne, mais
qu’elle est la plante sacrée qui a sauvé et continue de sauver la vie de
beaucoup de nos frères et soeurs qui souffrent de l’oppression et de la
faim en raison d’une exploitation injuste", signalent dans un document les
représentants des Eglises. Ces derniers estiment que la feuille de coca est
une valeur ancestrale des peuples andins qu’il est nécessaire de défendre
aujourd’hui et que sa culture doit être appuyée dans la mesure où elle génère la vie et non la mort, comme c’est le cas après transformation de la
feuille de coca en cocaïne. Une transformation qui passe par la fabrication
d’une pâte pour devenir ensuite, en laboratoire, de la cocaïne plus ou
moins pure acheminée vers les Etats-Unis et l’Europe. Marché juteux s’il en
est, puisque évalué annuellement à 150’000 millions de dollars.
Tout autre est l’utilisation par les indigènes de la feuille de coca.
Bien avant l’arrivée des "conquistadores" espagnols, bien avant l’empire
inca aussi, les indigènes des Andes l’utilisaient notamment à des fins médicales et nutritives de même que pour lutter contre le froid. Ce qui aujourd’hui et plus que jamais est encore le cas dans une région particulièrement pauvre et délaissée. On cultive cette plante avec la même nécessité
que la pomme de terre par exemple.
Dans le document final, les participants condamnent fermement la militarisation de la lutte sans discrimination contre la drogue qui, selon eux,
n’apporte que "douleur et mort pour le peuple tout en étant un réel danger
pour la démocratie". En ce sens, ils critiquent la politique des Etats-Unis
en la matière, qui tentent d’entraîner les forces armées des pays andins
dans une lutte répressive où sont placés sur un pied d’égalité cultivateurs
pour leurs propres besoins de feuilles de coca et trafiquants de cocaïne.
Ces derniers font du reste l’objet d’une sévère condamnation de la part des
représentants des Eglises: "En raison d’intérêts économiques, on a transformé la coca en cocaïne, laquelle s’est convertie en un véritable cauchemar pour l’humanité". Une critique que partageait à l’issue de la rencontre
Mgr Luis Sainz, archevêque de la Paz (Bolivie). (apic/na/pr)