Bogota: Le siège colombien du CICR occupé par (080390)
Bogota, 8mars(APIC) Des organisations non gouvernementales colombiennes
qui militent en faveur des droits de l’homme et des victimes de la "guerre
sale" en Colombie occupent pacifiquement depuis mercredi peu avant 11 heures le siège du Comité international de la Croix-Rouge à Bogota, apprend-on
de la capitale colombienne. Ces organisations entendent alerter l’opinion
publique internationale sur les graves violations des droits de l’homme
dont est victime le peuple colombien. La nouvelle a été confirmée à l’agence APIC par une occupante du siège de la Croix-Rouge à Bogota ainsi que par
le siège du CICR à Genève. L’occupation, qui se poursuit actuellement,
s’est déroulée sans heurts et dans le calme. Quatre délégués suisses travaillent pour le CICR en Colombie.
Selon cette occupante, porte-parole de l’Association des familles de détenus-disparus (ASFADDES) cette action se poursuivra tant que le gouvernement colombien n’accédera pas à la demande des occupants de diffuser un document dans lequel une série de graves accusations sont proférées contre la
police, les militaires et les groupes paramilitaires. Des représentants de
huit organismes participent à cette opération. Le nombre d’occupants n’est
pour l’instant pas révélé "pour des raisons de sécurité", a déclaré la porte-parole de l’ASFADDES en précisant qu’un cordon de policiers entourent le
bâtiment. Selon le siège du CICR à Genève, une quinzaine de personnes participent à cette opération.
Le document en question, de trois pages, appelé "communiqué international No 1", fait notamment état de la responsabilité de hauts chefs militaires dans les assassinats de 6’375 personnes en 1989 et dans les disparitions de plus de 200 autres. Des dirigeants d’organisations de droits de
l’homme et de syndicats sont actuellement enfermés à Cali, au sud de Bogota, a-t-on confirmé par téléphone à l’agence APIC. Les occupants dénoncent
en outre l’Etat colombien qui ferme les yeux sur les "crimes qui se commettent quotidiennement en Colombie, et qui utilise la ’guerre contre les trafiquants de drogue’ pour réprimer les organisations populaires qui militent
en faveur de la défense des droits de l’homme, les syndicats et les partis
d’opposition".
La prise du siège de la Croix-Rouge de Bogota s’est déroulée sans heurts
et dans le calme, a souligné la porte-parole de l’ASFADDES. Ce que confirme
le siège central à Genève qui précise qu’un bon dialogue a été établi entre
les occupants et les délégués suisses du CICR en Colombie. (apic/pr)