Bochuz, Hubert Chatagny, curé de St Croix
Interview des prisonniers, dans un petit parloir.
Une peinture faite par un détenu, plusieurs sont du reste accrochées
dans d’autres salles et corridors, Peintures aux teintes vives, légèrement
suréaliste. Une tabvle, quelques chaises, une TV
Antonio Urtado, Colombien, de Bogota. En prison pour trafic de drogue,
avocat. Condamné à 8 ans, âgé de 42 ans, depuis 3 ans à Bochuz. William, 60
ans, Suisse, canton d’origine, Bâle, condamné pour escrocrie. A Bochuz depuis 2 ans, pour 6 mois encore dans ce lieu.
Première impression lorsque le premier jour en prison? De désarroi.
Urtado...On se trouve devant une situation qu’on a jamais vécue. Un monde complètement différent ici en prison. On se rend alors compte qu’il faut
changer son mode de vie d’un moment à l’autre. S’habituer à une vie différente, complètement.
William. Le mot liberté aujourd’hui.... Lêtre humain n’est pas libre,
jamais libre. Il a toujours le fardeau du devoir journalier, le fardeau de
gagner sa vie, de vivre. Mais l’être humain est infiniment adaptable. Et on
s’adapte à tout. La liberté? POur beaucoup, cela évoque ce que l’on aimerait faire, ce que veut faire. Mais on ne fait jamais ce qu’on veut faire,
on fait ce qu’on peut faire. C’est ce que je fais ici. J’ai voulu faire beaucoup dans ma vie, mais j’ai fais ce que j’ai pu.
Urtado. Les conditions de détention, on se les créé et fait un peu soi
même. En adaptaptant son comportement dans le cadre de l’établissement.
C’est sa vie que l’on fait dans l’établissement, que l’on se fait soi même.
Selon son comportement, sa manière d’agir en prison.
Qu’est-ce que vous attendez d’un aumônier de prison?
William. Pouvon-nous vivre avec vous tout seul, avec vos besoins. Ja’i
eu l’avantage de grandir dans un institu catholique entouré de prêtres,
franciscains et jésuites. J’ai cherché chez l’aumônier le contact avec ce
qu’on appelle Dieu. Je suis catholique et je le reste. On discute de la
doctrine. habitué dans ma jeunesse à aller à l’église. Ici, en prison, je
suis retournée à l’église. Au début, on y va pour sortir, pour changer
d’ambiance. Puis ensuite, vous y allez parce que la personne qui vous apporte le message de son Eglise - qui est l a mienne, mais je vais aussi au
culte protestant - je la trouve humaine. C’est pas toujours le cas, dans
une prison. Là ou j’étais en préventive, jew détestais l’aumônier. Je trouvais sa manière répulsive, manque total de compréhension de la personne détenue, en particulier des nouveaux détenus, pas nécessairemewnt à mon
égard, mais en général.... il avait une interprétation complètement erronée
de la part d’un homme pourtant confirmé, il racontait des bêtises. Idées
préconçues. Ces deux aumôniers, par leur pratiques, savent toucher le détenu. En lui apportant un messsage qui qui vous fait opublier que vous êtes
là. Ils vous ramènent à un discvours ... religieux.... j’allais dire à un
discours avec Dieu... mais j’ai cessé de croire à ce discours avec Dieu. Je
pense que lorsque vous sortez de l’Uni d’ailleurs, on se dit que l’idée de
Dieu est impossible, alors qu’avec le temps, vouas vous rapprochez de Dieu.
Parce que vous devenez plus interprétatif. Vous recroyez en Dieu.
Nous avons la chance d’avoir dans cette institution deux personnes qui
savent apporter ce message de l’extérieur. Car ce qu’ils font est de vous
apporter en un cours instant le message de l’extérieur, avec le message de
Dieu. Je m’occupe intellectuellement tout le temps durant ma détention.
Ppur moi, par conséquent, les visites que j’ai me suffisent, pour d’autres,
elles pourraient être plus fréquentes. Je suis même chagriné que la tendance à ses services religieux soit dans le fon assez faible. Une fois par semaine, pour moi, c’est sufisant, mais je me réjouis d’y aller. Les conversation avec l’aumônier ne portent pas uniquement sur les choses religieuses, mais tous les problèmes en général. J’ai beaucoup de plaisir à ses visites, qui sont mensuelles, mais pas régulières. Pour moi, c’est chaque 6
semaines, à peu près. C’est pas très fréquent, Cela pourrait l’être davantage.
A quoi vous occupez vos loisirs? La poursuite intellectuelle. Ici, vous
bénéficiez du temps de vous occuper de vos activités intellectuelles.
Urtaddo
Que t’apporte un aumônier? Pour un latino américain, depuis le début, on
a été formé comme catholique. la figure d’un prêtre est une figure sacrée
et de respectée. Le plus difficile est la prison préventive, pour un qui
arrrive en prison. Et c’est ou l’aumônier devrait être le plus présent
(protestant ou catholique), devrait porter plus d’attention. Pour nous autres, latinos américains, lorsque nous arrivons en prison, on ne connaît
généralement pas la langue. J’ai appris le français ici, à Bochuz. Et je
crois que beaucoup de personnes se trouvent dans mon cas. Le prêtre, en
préventive, pourrait aider plus, apporter plus. Lorsqu’on est condamné, on
est déjé quelque peu habitué à cette situation, On parle un peu la
langue... à la prison on s’habitue...
Un aumônier m’apporte avant tout une aide et une présence spirituelle.
Même si on consacre de temps à autre du temps pour lire la Bible et assister à la messe. Cette présence apporte un réconfort moral, une manière
plus positive de voir les choses.
Il faut s’éviter les problèmes en prison. Je me consacre à la TV interne
de la prison, prépare un film sur la position des mains, je m’occupe intellectuellement. J’essaie de m’occupe en permanence dans ma cellule.
Alba Monte Nino
Italien, depuis 26 ans en France, à Toulon. Condamné à 10 ans pour huld
up et prise d’otage.