Bissau : le pape dénonce la polygamie et la corruption (280190)
Bissau, 28 janvier (APIC) Au cours d’une messe célébrée samedi soir à Bissau, dans le stade national "24 septembre", offert et construit par les
Chinois en souvenir de la lutte pour l’indépendance, le pape Jean Paul II a
dénoncé la corruption, les abus de pouvoir et la polygamie, qui méprise la
dignité de la femme. Devant la foule rassemblée comprenant également des
adeptes des religions traditionnelles et des musulmans (les catholiques ne
sont que 6,5 % de la population de la Guinée Bissau), le pape a défendu la
conception chrétienne de la famille et du mariage.
"Le Christ, a dit le pape, proclame l’unité de l’amour conjugal et sa
fidélité absolue dans un monde où souvent viennent présentés d’autres modèles de culture et de morale; un monde qui a accepté les traditions polygames et admis et toléré le mépris de la femme, très souvent considérée plus
comme un objet que comme une personne, pour servir les intérêts d’une culture de pouvoir".
La famille : "premier noyau de la vie sociale"
Le pape a continué en disant que le chrétien est appelé à "développer
une attitude d’amour nouveau, en manifestant vers la propre épouse la charité délicate et forte que le Christ a pour l’Eglise". Jean Paul II a exhorté les fidèles à "être prêts à vaincre avec énergie toutes les formes
d’inégalité discriminante, de mauvais traitements, de mépris et de négligence pour la dignité de l’épouse, des enfants et des mineurs". Il a encore
invité à faire tout ce qui est possible pour que la famille soit considérée
comme "le premier noyau de la vie sociale". Le pape a alors demandé que
tous, à partir des autorités publiques et des lois de la communauté, respectent leurs droits naturels". Dans la soirée, le pape avait encore béni
le nouvel édifice du petit séminaire de St-Kizito à Bissau construit avec
l’aide de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et de quelques
diocèses italiens. Actuellement, une trentaine de séminaristes y étudient.
Jean Paul chez les lépreux : le scandale de la diffusion de la lèpre
Avant de s’envoler dimanche matin pour Bamako, au Mali, troisième étape
de son périple africain, Jean Paul II s’est rendu au dispensaire pour les
lépreux de Cumura, un hôpital de cent lits dirigé par les franciscains qui
est devenu au cours des années un vrai centre spécialisé dans le traitement
et la prévention de la maladie de Hansen et qui rend également service aux
pays voisins. Jouxtant la léproserie de Cumura, fondée par les Portugais en
1952, le pape a pu voir un village accueillant les ex-lépreux mutilés et
sans familles. Le pape, dans un message à l’occasion de la 37e Journée mondiale de la lèpre, a lancé un appel à la solidarité internationale avec les
15 millions de personnes dans le monde atteintes de la lèpre. Il a relevé
que l’on peut actuellement entrevoir, au moins à long terme, la possibilité
d’une disparition définitive de cette maladie.
"Face au problème des lépreux, a dit le pape, la solidarité internationale constitue la première et la plus urgente des réponses". Jean Paul II a
ensuite souligné que les chiffres témoignant que cette calamité se répand,
"comparés à la modestie des moyens nécessaires pour la vaincre définitivement, ne peuvent pas ne pas être considérés comme un scandale par l’ensemble de la communauté internationale". Le Souverain pontife a alors déclaré
qu’"il est urgent de réveiller la sensibilité des personnes et des institutions publiques face à ce problème". Expliquant que dans l’antique tradition biblique, la guérison de la lèpre est constamment associée à l’idée de
purification, le pape a rappelé que pour être totalement libérée de cette
maladie, "l’humanité doit se purifier des formes multiples de l’égoïsme et
d’indifférence face à la douleur d’autrui, qui souille l’esprit". Rappelons
que le pape Jean Paul II avait déjà visité une léproserie, le 8 juillet
1980, à Marituba, lors de sa première visite pastorale au Brésil. (apic/jtcip/be)