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    Une question de justice

    Bioéthique: le point avec le théologien Alberto Bondolfi (140491)

    Delémont, 14avril(APIC) Le génie génétique est une révolution scientifique. Une révolution qui trouve son application en agriculture, en biologie,

    en botanique. Ses enjeux éthiques et moraux sont multiples. Et les réponses

    à ces enjeux ne peuvent pas être définitives. "Elles doivent être données

    dans un train en marche" Le professeur Alberto Bondolfi voit une loi-cadre

    définie "d’en-haut", c’est-à-dire à l’échelon européen. Une loi que le professeur Bondolfi, hôte jeudi 11 avril de l’équipe d’animation du Centre

    Saint-François à Delémont conçoit assortie d’organismes nationaux de surveillance: "Ces derniers permettraient. selon lui, de légiférer de cas en

    cas au fur et à mesure des découvertes".

    Docteur en théologie, chargé de cours à la Faculté de théologieet à

    l’Institut d’éthique sociale de l’Université de Zurich, Alberto Bondolfi

    mettait avec son exposé un terme à la série de conférences sur la

    bioéthique données au Centre Saint-François. Un terme éthique à la

    "révolution génétique" qui est en cours, avec un recentrage sur l’enjeu

    principal qui est une question de justice. De justice envers les femmes qui

    ne sont pas toutes égales sur les listes d’attente de la procréation

    assistée. De justice envers la création.

    "On ne peut pas légiférer in vitro, on doit tenir compte des autres". En

    matière de génie génétique comme en matière de procréation assistée, les

    Etats se devraient de poser des règles communes. Pour étayer sa thèse, le

    professeur Bondolfi explique qu’une législation restrictive dans un canton,

    dans un pays, alors qu’elle est permissive dans d’autres, engendre

    obligatoirement un "tourisme médical". Il y a déjà le tourisme bien connu

    de l’avortement, il y aura aussi "le tourisme procréatif". Plus encore, si

    l’accès aux banques de spermes est strictement interdit, on risque

    d’assister à l’émergence d’un marché noir. De l’avis du conférencier, ce

    n’est pas là-dessus qu’il faut légiférer mais bien sur la révolution en

    route du génie génàtique lui-même.

    Une position souple

    Que faire dès lors dans une telle situation? En Suisse, le Conseil

    national vient de discuter de l’initiative du "Beobachter" basée

    essentiellement sur le droit familial. Il lui a préféré le contre-projet

    revu par les Chambres. Plus restrictif en matière de procréation, mais plus

    précis dans ce qui touche également les animaux, les plantes, l’écologie.

    Et la position du chrétien? "Ce n’est pas facile de tirer une bioéthique de

    l’Evangile car notre horizon n’est plus le même que dans la Bible. Nous

    sommes par conséquent appelés à nous doter de règles imparfaites". En

    partant du fait "que les chrétiens ne sont pas appelés à la perfectioon du

    monde et que leur éthique n’est pas toute puissante".

    S’agissant de la position du Vatican qui est opposé à toute forme de

    procréation artificielle, le professeur Bondolfi pense que "l’Eglise

    catholique est en train de louper un train. Non pas par ses propos durs.

    Mais parce qu’elle a choisi le registre éthico-sexuel et celui du mariage.

    Par là, elle rouvre le dossier sur la sexualité et la contraception. Un

    dossier qui n’a pas encore été digéré".

    Les évêques en revanche sont plus nuancés, notamment face à

    l’insémination homologue. Ils offrent la possibilité d’un consensus

    possible.

    Quant au professeur Bondolfi, s’il est pour des indications très

    strictes en matière de diagnostic prénatal, il opte pour une position

    moyenne. Pour lui, il faut "s’efforcer de trouver un consensus avec tous.

    En sachant qu’on ne peut être lumière que si on est disposé à être petit

    grain. Un petit grain qui doit mourir pour porter des fruits".

    (apic/Michèle Fringeli/pr)

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