Bienne, 30octobre(APIC) Les deux évêques auxiliares du diocèse de Bâle,
Mgr Joseph Candolfi et Mgr Martin Gächter, viennent de terminer leur visite
pastorale à Bienne du 23 septembre au 29 octobre. Mgr Otto Wüst, évêque de
Bâle, étant hospitalisé, il n’a pas pu participer à la visite pastorale
comme prévu. De nombreuses confirmations ont pu également être célébrées
lors de cette visite pastorale.
La ville de Bienne compte 54’000 habitants dont 55% de langue allemande
et 29% de langue française. 56% de la population est protestante et 35%
catholique. De fait, sur les 83’800 habitants de Bienne et des villages
environnants, seulement 24’700 sont catholiques.
La fonction de l’évêque selon Mgr Candolfi
Pendant cette visite pastorale, Mgr Candolfi a rencontré les laïcs des
différentes paroisses de la région. Il a répondu à leurs diverses questions
en particulier sur la fonction de l’évêque. Pour Mgr Candolfi, l’évêque
doit veiller à l’unité dans la foi de son Eglise et faire en sorte que la
parole de l’Evangile soit annoncée partout. Si les prêtres ont des contacts
plus étroits avec les paroissiens lors de baptêmes, mariages ou
enterrements, les contacts des évêques se limitent aux contacts avec leur
famille, à des appels téléphoniques, à des relations épistolaires et
personnelles.
La visite pastorale existe justement pour combler les lacunes, car les
évêques doivent mieux connaître leur communauté. L’évolution est très
rapide; d’ici quelques années, a déclaré Mgr Candolfi, on ne disposera que
des deux tiers du nombre des prêtres actuels. La moyenne d’âge des prêtres
dans le Jura est de 60 ans. Sur les 200 étudiants actuels en théologie, on
pense qu’il y aura environ 70 nouveaux prêtres et 130 assistants pastoraux,
sans compter les défections. D’ici 4 ans, le diocèse comptera 260 à 270
prêtres seulement.
Au sujet du rôle de la femme dans l’Eglise, le droit canon permet à la
femme d’être acolyte, lectrice ou enfant de choeur. Mais, selon un document
de la doctrine de la foi datant de 1976, la femme ne peut pas devenir
prêtre. Selon Mgr Candolfi, la situation n’est pas mûre. Les théologiens
doivent continuer leurs études et une nouvelle mentalité reste à former à
ce sujet. En outre, a déclaré l’évêque auxiliaire de Bâle, on ne peut pas
prendre aujourd’hui le risque d’un schisme dans l’Eglise. Une première
étape sera de permettre aux femmes de devenir diacres, mais pour le moment,
il n’existe pas d’argument théologique suffisant, a relevé Mgr Candolfi.
Diversités des célébrations pénitentielles
Les célébrations pénitentielles ont également été au coeur des questions
posées à Mgr Candolfi. La Conférence des évêques suisses s’efforce d’aboutir, autant que possible, à une pratique pastorale assez uniforme ou à peu
près semblable, ce qui n’est pas toujours facile. En septembre, les évêques
ont étudié un document à ce sujet, car le nouveau droit canon, entré en vigueur en 1983, est plus restrictif que les directives reçues en 1973/74.
Pratiquement, d’après le droit canon, la célébration pénitentielle en
cas d’urgence ne peut avoir lieu, en principe, que dans les missions où les
missionnaires ne voient leurs paroissiens qu’une fois par année. Rome a
interpellé les évêques suisses à ce sujet et leur a donné l’ordre d’adapter
les directives au nouveau droit canon. C’est alors que les évêques suisses
sont intervenus à Rome pour dire qu’il n’était pas possible d’apporter, du
jour au lendemain, un changement radical dans la pratique des absolutions
collectives.
S’il y a eu quelques abus, a remarqué Mgr Candolfi, il faut reconnaître
que les célébrations pénitentielles ont eu un effet positif et que de
nombreux catholique ont appris à mieux se préparer à la confession. En
outre, les absolutions collectives ont permis à des gens complétement
éloignés de la confession de reprendre un peu l’esprit de pénitence demandé
par l’Evangile.
Selon Rome, la Conférence des évêques suisses peut autoriser, si elle
l’estime nécessaire, les cérémonies pénitentielles mais en respectant
certains critères. Il a fallu presque deux ans pour trouver ces critères.
Rome a été compréhensive et, maintenant, les directives ont été publiées.
Pour ce qui est de l’hospitalité eucharistique, Mgr Candolfi recommande
la lecture de Vatican II sur l’oecuménisme dont les directives sont
toujours en vigueur. A son avis, il n’existe rien de mieux en langue
française en ce qui concerne l’eucharistie. L’inter-célébration ou la
concélébration entre prêtres et pasteurs est, pour le moment, pratiquement
impossible en raison de la conception que nous avons de l’eucharistie et du
ministère, a relevé l’évêque auxiliaire de Bâle. Il faut veiller à
maintenir ce qui a été acquis, chercher à l’approfondir et surtout beaucoup
prier pour que l’unité des chrétiens se réalise un jour, a-t-il conclu.
(apic/ang/bd)