Nouvelle brochure de "Justice et Paix" et
de l’Institut d’éthique sociale de la FEPS
Berne, 25septembre(APIC) A quoi peut ressembler une Europe de justice, de
paix et respectueuse de la Création? A quels critères d’éthique sociale
devra-t-elle répondre? Quel sera l’apport de la Suisse à cet ordre de paix?
Comment bâtir la maison commune européenne sans porter préjudice aux autres
continents? Ce sont de telles questions que traite la nouvelle brochure "La
paix en Europe, un défi pour la Suisse" que viennent de publier l’Institut
d’éthique sociale de la FEPS (Fédération des Eglises protestantes de la
Suisse) et de la Commission catholique suisse "Justice et Paix".
L’étude commence par prendre acte de la situation nouvelle créée par la
disparition du bloc de l’Est. Cette situation est source de risques et de
chances. "Le principal danger est la résurgence de nationalismes et d’ethnocentrismes ainsi qu’un retour simultané d’attitudes et de modes de pensée
totalitaires qui promettent la sécurité" alors que l’on se trouve dans une
phase d’insécurité transitoire. De même, le danger est grand qu’un fossé
fait d’inégalités économiques et sociales remplace l’ancien conflit idéologique entre l’Est et l’Ouest.
Mais les bouleversements actuels constituent aussi une chance. Ils peuvent permettre de réduire les antagonismes nationaux, religieux, ethniques,
économiques ou sociaux afin de tracer les lignes d’une nouvelle "architecture" européenne fondée sur la paix. Dans cette perspective le groupe de
travail oecuménique, qui a rédigé cette brochure, s’est efforcé de dégager
un certain nombre d’exigences éthiques - égalité entre tous les habitants,
reconnaissance de valeurs telles que la liberté, la justice, la tolérance,
la solidarité et la participation, le dialogue à la place de la violence
pour résoudre les conflits -. Celles-ci ont toujours pour horizon l’idée
d’une maison commune européenne. Elles constituent ce que le Rassemblement
oecuménique européen de 1989 à Bâle nommait le "règlement de maison".
Cette orientation générale doit aboutir à l’établissement de structures
de paix en Europe. Les deux institutions éditrices de cette brochure pensent ici en particulier à un renforcement du processus d’Helsinki (CSCE).
Celui-ci doit permettre la mise sur pied d’un système européen permanent de
sécurité collective. Mais, relèvent-elles, ce renforcement ne doit pas se
faire au détriment des relations avec les autres continents, ni au détriment des couches sociales les plus faibles de la population européenne. La
sécurité ne peut s’opposer à la solidarité. Elle a également besoin des
échanges sociaux et culturels transfrontaliers.
Avec les autres pays neutres, la Suisse a une responsabilité particulière dans la construction de ce nouvel ordre de paix européen. Elle peut aujourd’hui plus facilement coopérer avec tous les Etats européens en vue de
diminuer les tensions subsistantes. C’est pourquoi la brochure "La paix en
Europe" propose aux diverses instances du pays (autorités politiques, institutions de formation et de recherche, Eglises, etc) quelques idées afin
que la Suisse et l’ensemble de ses citoyens puissent s’engager toujours davantage pour la paix en Europe. (apic/com/pr)
La brochure "La paix en Europe, un défi pur la Suisse", 44 pages, est
disponible en français, en allemand et bientôt en italien au prix de 7
francs à l’Institut d’éthique sociale, 10, Terreaux, 1003 Lausanne ou à
"Justice et Paix", case postale 6872, 3001 Berne.