Une étude sociologique franco-suisse de l’Institut d’éthique sociale
Lausanne, 13juin(APIC) Mal connu car peu médiatique, le "modèle" de gouvernement protestant fait une place importante aux laïcs. Qui sont-ils?
Comment parviennent-ils au gouvernement de l’Eglise? Comment gèrent-ils
leur relation dans la société civile? Un livre, "L’exercice du pouvoir dans
le protestantisme", présenté à la presse mercredi à Lausanne par l’Institut
d’éthique sociale (IES) de la Fédération des Eglises protestante de la
Suisse (FEPS) aborde ces questions relatives aux conseillers de paroisse de
France et de Suisse romande. Il fournit pour la première fois une analyse
des modalités d’exercice du pouvoir à l’intérieur de l’Eglise protestante
de France et de Suisse romande.
Même s’il peut sembler irréverencieux de parler de pouvoir lorsqu’il
s’agit de l’Eglise, celle-ci, comme toute autre organisation du reste, ne
se voit pas moins contrainte à prendre des décisions liées à l’organisation
de son action et aux questions purement administratives. L’étude, qui fait
ressortir les différentes catégories de dirigeants, dégage en outre les
structures internes aux Eglises protestantes réformée, luthérienne et évangélique.
Ce livre est le fruit d’une recherche sociologique franco-suisse commencée en 1982. Quatre auteurs ont collaboré à cette étude qui permet de découvrir les atouts sociaux et religieux, la vision du monde, le rôle et les
fonctions de 2’748 responsables du protestantisme: Roland Campiche, professeur associé de sociologie à l’Université de Lausanne et directeur du Bureau romand de l’IES de la FEPS; François Baatard, pasteur à Noville et
collaborateur de l’Institut romand de pastorale; Gilbert Vincent, professeur de philosophie et co-directeur du Centre de sociologie du protestantisme de l’Université des sciences humaines de Strasbourg; Jean-Paul Willaime, professeur de sociologie et directeur de ce même Centre de Strasbourg.
Le matériau de base de ce livre est lui aussi neuf, puisque c’est la
première fois qu’est exploré systématiquement l’univers des cadres locaux
du protestantisme en France et en Suisse romande, de Paris au Valais, du
Jura à Genève, en passant par Neuchâtel, Fribourg et le canton de Vaud.
Cinq chapitres, des statistiques et des dessins
Le livre s’articule autour de cinq chapitres dans lesquels sont abordés
et analysés les atouts socio-culturels susceptibles de favoriser l’accès à
la notabilité religieuse; l’étude de la socialisation religieuse des élites
recrutées, étude qui permet de suivre l’itinéraire de ces élites, leur
fonction, mais aussi de découvrir leur pratique religieuse et l’intensité
de leur engagement paroissial et ecclésial; Les choix théologiques et les
préférences politiques manifestées par les 2’748 "enquêtés", ce chapitre
qui est particulièrement consacré à l’étude de l’"idéologie" des conseillers, permet de s’interroger sur l’éventualité d’un effet social spécifique
lié à l’identification du protestantisme et de savoir de quels types de responsables on peut rapprocher les cadres locaux.
Se plaçant dans une perspective d’analyse institutionnelle, le 4e chapitre offre une vision différenciée des acteurs, de leur rôle et de leur code. Quant à la cinquième et dernière partie, elle est consacrée au
fonctionnement des conseils presbytéraux et non plus aux décideurs. Elle
soulève de plus une série de problèmes méthodologiques en même temps qu’elle apporte une somme importante d’informations sur la pratique de la démocratie dans les groupes protestants. Ce livre, dont la lecture est facilité
par de nombreuses statistiques, mais aussi par le dessin pour en simplifier
la conpréhension, a été financé par le Fonds national suisse pour la recherche, son pendant français, et par la Fondation Veillon. (apic/pr)
"L’exercice du pouvoir dans le protestantisme" - "Les conseillers de paroisse de France et de Suisse romande", édité par "Labor et Fides", peut
être obtenu au prix de 25 francs auprès de l’Institut d’éthique sociale,
Bureau romand, Lausanne.