Beyrouth : Assassinat du président libanais René Mouawad (221189)
Beyrouth, 22novembre(APIC) Le président de la Conférence des évêques
suisses, Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire de Bâle, apprenant la nouvelle de l’attentat à la bombe mercredi à Beyrouth-Ouest qui a coûté la vie
au nouveau président de la République libanaise René Moawad et à treize autres personnes, a affirmé : "Maintenant, il est plus nécessaire que jamais
de prier pour le peuple libanais". Les évêques suisses avaient en effet
choisi le mercredi 22 novembre, jour de la fête nationale libanaise, pour
organiser une Journée nationale de prière pour la paix au Liban.
"D’après tout ce que j’ai entendu du Liban, a déclaré Mgr Candolfi à
l’agence APIC, en particulier de la part du patriarche maronite Nasrallah
Sfeir, l’élection du nouveau président représentait un pas en avant sur le
chemin de la paix". Le patriarche maronite considérait en effet l’accord de
Taëf et l’élection d’un nouveau président - maronite - comme le maximum que
l’on pouvait obtenir dans la situation actuelle.
La réaction de refus face au nouveau président de la République libanaise, le député maronite de Zghorta René Moawad élu sous égide syrienne,
avait été très forte dans les régions chrétiennes du Liban contrôlées par
le général Michel Aoun. Cette colère, surtout le fait des jeunes, s’exprimait depuis l’élection par la grève et des manifestations rassemblant des
dizaines de milliers de personnes criant "non au président imposé par les
forces d’occupation", "honte aux députés collaborateurs". Des bombes
avaient alors explosé au domicile de certains députés chrétiens qui avaient
voté pour Moawad.
C’est dans cet état d’excitation que quelques centaines de personnes se
détachant d’une manifestation la nuit du 5 au 6 novembre ont forcé les portes du patriarcat, saccageant bureaux et salons et forçant sa Béatitude le
patriarche Sfeir à embrasser la photo du général Aoun, le qualifiant au
passage de "traître". Il avait eu le tort de considérer qu’il faut préserver ce qui reste des institutions du pays et garder l’espoir de rétablir
par des voies pacifiques un Liban uni et souverain, libéré de toute occupation étrangère. Il avait pour cela apporté un appui modéré au président
Moawad, au grand dam du général Aoun et des plus radicaux du camp chrétien
- dont certains prêtres maronites - qui considéraient le nouveau président
comme un usurpateur et un "collabo". (apic/eg/be)