Bex: sessions pastorales des prêtres (020693)
Quelle pastorale face à l’émergence des nouvelles religiosités?
Bex, 2juin(APIC) Sujet d’actualité que celui qui a rassemblé les prêtres
et permanents laïcs du diocèse de Sion en deux groupes du 10 au 13 mai et
du 24 au 27 mai à La Pelouse sur Bex pour leur session pastorale annuelle:
"Notre ministère et notre pastorale face à l’émergence des nouvelles religiosités". Organisées par la Commission de formation permanente des prêtres
et permanents laïcs, elles ont permis aux participants, réunis autour de
l’évêque du diocèse, le cardinal Henri Schwery, de mieux connaître, sous la
conduite du Père Yvon Le Mince, les nouveaux mouvements religieux, de s’interroger sur leur influence et de proposer des pistes pastorales.
Préalable à toute investigation dans le domaine des nouvelles religiosités, a souligné le Père Le Mince, l’exactitude de la terminologie employée:
il convient de distinguer courant religieux, mouvement religieux et secte,
termes qui recourvent des réalités différentes. Pour mieux faire saisir la
diversité et la spécificité des divers courants, le Père Le Mince a commenté un tableau comparatif présentant les témoins de Jéhovah, Invitation à la
vie (IVI) et le Nouvel Age. Il a également souligné les points de convergence et les lieux de confusion entre l’enseignement du catholicisme romain
et celui des nouvelles religiosités.
Religion personnelle ou expérience cosmique?
Résurrection, Dieu personnel qui fait alliance avec l’homme, lecture de
la Bible soutenue par l’histoire et guidée par la Tradition de l’Eglise,
conception de la grâce comme don de Dieu qui élève l’homme, salut vu comme
la victoire définitive sur le péché et la mort, symboles, rites, structures
ecclésiales, autant de réalités vécues dans l’Eglise catholique remises en
cause par les nouveaux mouvements religieux et étudiés par le conférencier.
Celui-ci a montré que les nouvelles religiosités prêchent une religion cosmique, réduite à un combat en l’homme et dans l’univers entre énergies positives et négatives pour réaliser leur harmonisation; une religion thérapeutique à accent panthéiste qui ouvre à l’universel; une religion marquée
par une lecture fondamentaliste de la Bible; une religion, enfin, qui refuse le jeu de l’altérité en faisant de la prière une "vibration cosmique",
une technique de guérison personnelle, un contact avec des énergies supérieures.
Les nouvelles religiosités, chance ou risque pour le catholicisme? Les
prêtres et permanents laïcs, s’ils ont constaté les dangers de ces courants, pour les jeunes en particulier, ont reconnu qu’ils les provoquaient
à une annonce plus explicite et convaincue du message évangélique et du
contenu de la foi catholique ainsi qu’à une plus grande cohérence de vie et
à une meilleure prise en compte du corps.
Ecoute, dialogue et discernement
Quelle attitude adopter en tant que pasteur en face d’adeptes de nouveaux mouvements religieux? Pour les participants, l’écoute, le dialogue et
le discernement constituent les clés de voûte de l’approche pastorale, pour
que l’appartenance religieuse "soit un lieu de rencontre, non de rupture".
Il faut aussi savoir dire non, sans juger. Et faire des communautés chrétiennes des lieux d’épanouissement de la personne. Concrètement, plusieurs
ont proposé de créer un réseau de personnes-relais compétentes à travers le
diocèse, des groupes de réflexion sur les nouvelles religiosités, des lieux
d’accueil et de documentation relative à cette problématique. Une attention
constante à l’évolution des mentalités et aux messages véhiculés aujourd’hui par les médias est de mise.
Ne pas dramatiser
Divers autres thèmes ont été abordés durant les sessions: les réalisations de la pastorale de la famille, la catéchèse, le diaconat permanent,
la pastorale des divorcés et divorcés remariés, ainsi que le projet d’une
"Maison de la famille" à Vérolliez, près de Saint-Maurice, lieu d’accueil,
de rencontre et de documentation sur la famille. Les deux communautés nouvelles installées dans le diocèse, les Béatitudes et le Verbe de Vie, se
sont présentées, redisant leur volonté de travailler en étroite collaboration avec l’évêque.
Mgr Schwery a réaffirmé en conclusion que face au danger des nouvelles
religiosités "nous n’avons pas le droit de prêcher un Christ désincarné":
"il s’agit d’accompagner les gens, d’être proches d’eux". "Ne dramatisons
pas!", a-t-il lancé, invitant chacun à ne pas céder à la peur, au fanatisme, à l’insolite et à la tentation de connaître l’avenir. S’il faut dénoncer, il convient aussi, a souligné l’évêque, de proposer des solutions pastorales qui misent sur la confiance et disent la joie de croire. (apic/idcb)