Bethléem: réouverture de l’Université catholique reportée (090189)
Fribourg, 9janvier(APIC) Depuis l’automne 1987, toutes les universités de
la Cisjordanie, territoires occupés par Israël, sont fermées par ordre officiel des autorité israéliennes. Depuis le 9 décembre 1987, début du soulèvement de l’intifada, les écoles des territoires occupés ont subi un sort
identique. Plus de 300.000 enfants et jeunes sont ainsi touchés par ces mesures qui frappent également l’Université catholique de Bethléem, une des 6
universités de Cisjordanie et de Gaza et première université à avoir été
fermée. C’était le 29 octobre 1878. L’espoir de voir se réouvrir bientôt
ces écoles et universités est bien mince. La décision concernant une telle
possibilité vient d’être reportée d’un mois. "On ne se fait guère d’illusion", a déclaré à l’agence APIC Frère Richard Böhi, secrétaire de l’Association en faveur de la Bethlehem University (ABU), à Neuchâtel.
Fondée en 1973 avec l’aide du Vatican et le soutien de Paul VI, notamment, dans le but de maintenir une élite intellectuelle chrétienne et une
Eglise locale dans les lieux mêmes qui ont vu la naissance du Christ,
l’Université catholique de Béthléem, avec ses 1600 étudiants inscrits, vit
des jours difficiles, à l’instar des 5 autres universités et des écoles en
général. Les écoles primaires et secondaires sont empêchées de dispenser
normalement leurs cours. Ces dernières, réouvertes pour certaines d’entre
elles quelques jours avant Noël, sont à nouveau fermées. "Les autorités
sont allées si loin que même durant les épisodiques réouvertures, elles interdisent les devoirs à domicile", témoigne le secrétaire de l’ABU.
Une arme à double tranchant
Les motifs pour fermer ces écoles, et les universités en particulier?
Pour les autorités militaires d’occupation, le prétexte donné est l’agitation politique déployée sur les campus. "Une arme à double tranchant, estime cependant Frère Richard Böhi, dans la mesure ou les étudiants, privés de
leurs études, sont dans la rue". Le temps pour se consacrer au soulèvement
dans les territoires occupés ne leur est désormais plus compté. En réalité,
relève encore le secrétaire de l’ABU, la question de la sécurité invoquée
par Israël n’est qu’un prétexte. Ce que veut ce pays, poursuit-il, c’est
empêcher que se crée, que se forme une élite palestinienne".
A ce propos, rappelle Frère Richard Böhi, il convient de se souvenir
d’une manifestation folkorique palestinienne organisée par l’Université
catholique de Bethléem qui fut aussitôt réprimée et interdite par les militaires. "Détruire l’identité palestinienne est le but d’Israël", admettent
en fait nombre d’observateurs dans les territoires occupés.
Des cours adaptés aux besoins de la population
Les conséquences de la fermeture de ces universités sont graves. Les
étudiants perdent énormément de temps et les sacrifices financiers pour les
familles sont immenses en raison du retard accumulé depuis près de 15 mois
maintenant. Mais un autre problème surgira dès que l’Université pourra
réouvrir ses portes, relève le secrétaire de l’ABU. "Ceux qui devaient normalement terminer leurs études devront les poursuivre alors que de nouveaux
étudiants arriveront. Il n’y aura pas suffisamment de place".
Les cours dispensés à l’Université catholique de Bethléem par les 142
professeurs (religieux: 21%; laïcs chrétiens: 60%; musulmans: 19%) sont
très adaptés aux besoins de la population: outre une Faculté des Sciences
et de Médecine, on y enseigne l’administration et tout ce qui touche au
tourisme (formation de guides, etc). On y trouve également une école d’infirmières et une école normale. Sur les 1600 étudiants, 41% sont des femmes
et 31% se déclarent chrétiens. (apic(pr)