Bethléem : L’Université catholique (030990)
Fermée trois ans durant par les militaires israéliens
Jérusalem, 3septembre(APIC) L’Université catholique de Bethléem, en Cisjordanie occupée, fermée depuis trois ans sur ordre des autorités militaires israéliennes, pourra réouvrir ses portes le 1er octobre prochain. Les
autorités israéliennes n’ont cependant pas encore permis la reprise des
cours dans les autres Universités palestiniennes (Hébron, Birzeit, près de
Ramallah, Al-Najah à Naplouse, Al-Quds à Jérusalem-Est et l’Université Islamique de Gaza) fermées également fin 1987.
Les professeurs de l’Université de Bethléem - qui ont poursuivi, après
la fermeture d’octobre 1987, leurs activités d’enseignement de manière
clandestine dans des lieux privés, des locaux appartenant à l’Eglise ou des
hôtels - ont été invités à se rendre dans leur Faculté le 10 septembre prochain. Quelque 1’200 étudiants sont attendus pour la rentrée du 1er octobre. Les autorités d’occupation attendent de voir comment les étudiants
vont se comporter avant de décider l’éventuelle réouverture d’autres Universités.
Dans une interview accordée lundi à l’agence APIC, le sociologue palestinien Bernard Sabella, professeur à l’Université catholique de Bethléem,
souligne les difficultés que rencontre cette institution d’enseignement supérieur fondée en 1973 avec l’appui du Vatican. Après la fermeture, durant
un an, il a été impossible pour les professeurs d’assurer un enseignement
alternatif. Puis les professeurs ont mis sur pied des cours décentralisés,
dans divers locaux. Ainsi, l’école d’infirmières s’est installée au Centre
Notre-Dame de Jérusalem, et les cours ont pu être assurés dans des conditions plus ou moins précaires. En effet, les étudiants n’avaient pas accès
aux bibliothèques, laboratoires, etc. Si cet enseignement clandestin
n’était pas permis, relève Bernard Sabella, les autorités israéliennes ont
la plupart du temps fermé les yeux.
La situation n’est pas pacifiée et l’intifada dure toujours
Certains anciens étudiants, relève-t-il, ont peur de reprendre les
cours, car ils craignent de se faire arrêter sur le campus par les soldats.
D’autres ne reprendront pas les cours, parce qu’ils sont en prison. De
plus, il y a trois fois plus d’élèves pour la première année, puisque
l’Université a été fermée trois ans durant, avec toutes les difficultés matérielles et de cohabitation que cela suppose. Quant à savoir si la vie
universitaire va reprendre son cours normal à Bethléem, B. Sabella souligne
que la situation n’est pas pacifiée.
Le professeur chrétien pense que les étudiants veulent effectivement
étudier, mais qu’il est très difficile de ne pas lier l’Université aux événements extérieurs. "J’ai cependant l’espoir que les études pourront se dérouler normalement, mais l’intifada n’est pas morte, conclut-il, car aucune
perspective ne nous est offerte; il n’y aura pas de normalisation sans processus politique, sans justice!". (apic/be)