Bethléem : deux ans de fermeture pour l’Université catholique (261089)
Fribourg, 26octobre(APIC/Bernadette Dubois) Deux ans, le 28 octobre, que
l’Université catholique de Bethléem est fermée, comme toutes les autres
Universités dans les Territoires occupés par Israël. L’armée israélienne
garde les locaux, aucun étudiant, ni enseignant ne peut avoir accès aux
salles, ni à la bibliothèque de l’Université. Les cours privés en dehors de
l’Université sont également interdits. Les 1’600 jeunes étudiants de Bethléem sont ainsi livrés à eux-mêmes et augmentent les rangs des lanceurs de
pierres de l’intifada. "Nous n’avons plus rien à perdre", déclarent les
étudiants concernés.
Pour réouvrir les Universités, il faudrait, selon l’ambassade israélienne à Berne, "que l’insurrection se calme ou bien que les enseignants et les
étudiants soient déterminés à retourner à des études et non à des activités
insurrectionnelles". Selon les autorités israéliennes, l’Université de
Bethléem était devenue, comme les 5 autres Universités dans les Territoires
occupés, "un foyer d’insurrection et un lieu d’activité des organisations
palestiniennes terroristes".
Cette opinion n’est pas partagée par le Frère Richard Böhi, secrétaire
de l’Association en faveur de la Bethlehem University (ABU), à Neuchâtel.
Pour lui, "il est plus facile d’avoir un peuple en main quand il n’a pas
trop de formation". Son Association lutte d’ailleurs pour que le gouvernement israélien arrête de bafouer la Déclaration des droits de l’homme dans
les Territoires et respecte enfin le droit légitime à la formation et à
l’enseignement. Même les devoirs sont interdits en zone occupée par Israël
: des étudiants pris en train de faire leurs devoirs ont été emprisonnés
pendant six mois.
Une situation sans issue ?
"Les autorités israéliennes ont fermé les Universités dans les territoires occupés pour empêcher toute une génération d’arriver à une certaine autonomie intellectuelle", déclare, pour sa part à l’agence APIC, le Père
Jean-Bernard Livio, un jésuite de Genève qui se rend très souvent en Terre
Sainte.
"On ne voit pas d’issue, toute proposition de solution est systématiquement cassée par les tendances dures du gouvernement israélien",
déplore-t-il. Même les écoles n’ont été que sporadiquement réouvertes. En
1987/88, les enfants n’ont bénéficié que de 25 semaines de cours, et en
1988/89 de moins de 10 semaines de cours, relève le Père Livio.
Aucun contact avec les territoires occupés n’a pu être établi. Selon de
nombreux observateurs, les lignes téléphoniques sont coupées.
L’Université catholique de Bethléem a été fondée en 1973 avec l’aide du
Vatican et le soutien de Paul VI, notamment, dans le but de maintenir une
élite intellectuelle chrétienne et une Eglise locale dans les lieux mêmes
qui ont vu la naissance du Christ.
Les cours dispensés à l’Université catholique de Bethléem par les 142
professeurs (religieux: 21%; laïcs chrétiens: 60%; musulmans: 19%) sont
très adaptés aux besoins de la population: outre une Faculté des Sciences
et de Médecine, on y enseigne l’administration et tout ce qui touche au
tourisme (formation de guides, etc). On y trouve également une école d’infirmières et une école normale. Sur les 1600 étudiants, 41% sont des femmes
et 31% se déclarent chrétiens. (apic/bd)