"Jérusalem est la capitale spirituelle des chrétiens"
10mars(APIC) "Chrétiens du monde entier, ayez des ambitions, réclamez vos
droits sur Jérusalem", a déclaré Ignace IV, patriarche d’Antioche, au cours
d’une conférence de presse donnée vendredi 10 mars à Berne. En visite spirituelle en Suisse dans le cadre de la campagne de carême "Plus jamais le
déluge", il répondait à l’invitation de la Conférence des évêques et de la
Fédération des Eglises protestantes de Suisse, ainsi que des oeuvres d’entraide Pain pour le prochain et l’Action de Carême. Cette conférence s’est
déroulée en présence de l’ambasadeur du Liban et de Hans Ott, porte-parole
de Pain pour le prochain.
Deux raisons ont incité le patriarche d’Antioche à répondre favorablement à cette invitation. L’une est de caractère humain. Son message est
clair: on s’intéresse aujourd’hui plus à la création scientifique qu’à
l’homme lui-même. Selon Ignace IV, le respect de l’homme durant ce siècle a
beaucoup diminué. Pourtant, dit-il, l’homme a besoin de paix, de justice et
de dignité, trois notions qui font aujourd’hui cruellement défaut au MoyenOrient, notamment: "Ces valeurs nous manquent beaucoup", affirme Ignace IV
qui relève que le "christianisme est mis en question par un comportement
qui n’est pas toujours le meilleur" par rapport à une autre communauté avec
laquelle les chrétiens du Moyen-Orient vivent: les musulmans.
Autre raison: le message qu’il lance aux chrétiens d’Europe pour que la
fraternité s’exprime d’une manière réelle et non plus sous forme symbolique
ou spéculative. "Chez nous, la prière pour le pain quotidien est très concrète. Le pain n’est pas un symbole, mais une réalité, une réalité sacrée",
relève-t-il, non sans avoir constaté la quantité de pain qui se jette en
Europe parce que devenu superflu.
S’exprimant à propos de Jérusalem et de la Palestine, Ignace IV se demande pourquoi les chrétiens se contentent de parler de cette ville et de
la Palestine "comme si la question ne se posait qu’entre deux communautés,
juive et musulmane". Et de s’exclamer: "Tout de même, le Christ est né en
Palestine. Ce n’est pas le cas pour Moïse et Mahomet". Pour Ignace IV, il
est nécessaire que "les Eglises, en dehors de cette région, nous regardent
comme un endroit d’ou est sorti le christianisme et non comme un lieu ou il
faut importer le christianisme". A ce propos, déclare Ignace IV, "l’histoire du christianisme a laissé la capitale du Seigneur, c’est-à-dire Jérusalem, pour d’autres capitales, qui ne sont pas du Seigneur: Rome et Constantinople". Et d’ajouter: " Rome était une capitale politique avant de devenir une capitale chrétienne, je ne sais pas si elle s’est jamais libérée de
cela".
Jérusalem est l’Eglise Mère de tous les chrétiens, relève à ce sujet le
patriarche d’Antioche: "Elle n’est pas un lieu saint parce qu’il y a là des
pierres, mais une Eglise". En ce sens, déclare-il, "un premier pas serait
que les chrétiens se comportent comme ayant des droits sur Jérusalem".
(apic/pr)