Dans le cas de Coire, "le Saint-Siège a violé le droit des gens"
Berne, 25novembre(APIC) Dans le cas de la nomination en 1988 à Coire de
Mgr Haas comme évêque coadjuteur avec droit de succession, le droit
international a été violé puisque n’ont pas été pas respectées les dispositions concordataires du canton de Schwyz, a affirmé mercredi à Berne le juriste saint-gallois Alois Riklin, professeur à la Haute-Ecole de St-Gall.
Il présentait une étude intitulée "Nomination des évêques en Suisse", qui a
été réalisée par une commission d’experts - juristes et théologiens - à la
demande de la Conférence centrale catholique-romaine de Suisse (CCCRS).
La légitimité de commission d’experts mandatée en 1991 par la CCCRS n’a
pas été reconnue par Mgr Haas qui, selon les auteurs, n’a pas autorisé la
consultation des archives de l’évêché de Coire. Avec ce livre de 192 pages,
la commission affirme ne pas vouloir "alimenter la polémique autour de
l’affaire Haas" mais fournir un instrument de travail et de référence.
Elle présente non seulement les pratiques séculaires en matière de nominations épiscopales et les diverses procédures en vigueur dans les diocèses
helvétiques, mais insiste également sur le rapport qu’il y a entre le mode
de désignation des évêques et les différentes images existantes de l’Eglise
(Eglise hiérarchisée, de caractère "monarco-centraliste" ou le modèle qui a
la préférence des experts, l’Eglise de "dialogue", "peuple de Dieu", "communion").
L’étude mentionne également le droit en vigueur et présente aussi une
proposition détaillée de nouvelles procédures de nomination. Car pour la
Commission, dans le récent conflit de Coire, "le Saint-Siège a violé le
droit des gens, n’a pas respecté des assurances internes valablement données et a enfreint des règles de procédures". Ainsi, "le litige de Coire
incite à penser qu’une réforme de la procédure de nomination des évêques
s’impose. Aussi longtemps que cette réforme ne sera pas applicable, les
droits de participation existant dans les diocèses de Coire, de Saint-Gall
et de Bâle devront être défendus".
Pour les auteurs - dont le juge cantonal saint-gallois Urs J. Cavelti,
les théologiens Eduard Christen (Lucerne), Ephrem Bucher (Recteur du
gymnase d’Appenzell et président de la Commission théologique de la
Conférence des évêques), et les juristes Walter Kälin (Berne) et Peter
Karlen (greffier au Tribunal fédéral (Lausanne) - le conflit de Coire
"porte atteinte à la crédibilité de l’Eglise et affaiblit son action".
Selon Urs Zehnder, secrétaire de la CCCRS, ce travail devrait être utile
au niveau de l’opinion publique et peut-être au niveau diplomatique. L’étude, actuellement seulement en allemand aux éditions NZN Buchverlag à Zurich, sera disponible en mai prochain aux Editions Universitaires de Fribourg. Elle ne doit pas être considérée comme une prise de position de la
CCCRS - le plénum de cette organisation doit en prendre connaissance vendredi et devrait l’accueillir "avec enthousiasme".
"Il ne s’agit pas d’un avis de droit supplémentaire, mais c’est une étude exhaustive, véritable instrument de référence concocté par des spécialistes du droit et de la théologie", a précisé au cours de la conférence de
presse le jurassien Joseph Boillat, président de la CCCRS. Reconnaissant
que l’activité de la CCCRS - qui est une association qui regroupe les représentants de toutes les Eglises cantonales - est principalement d’ordre
administratif et financier, Joseph Boillat a tout de même souligné qu’une
telle organisation ne peut se désintéresser des remous provoqués par l’affaire Haas. C’est dans l’optique du Concile Vatican II, qui reconnaît aux
laïcs des responsabilités dans l’Eglise, que cette étude a été réalisée.
(apic/be)