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    le renvoi des requérants d’asile assyriens chrétiens

    Berne: pétition aux Chambres fédérales contre (120393)

    Un peuple menacé de disparition

    Berne, 12mars(APIC) Diverses associations et groupements des Assyriens en

    Suisse ont déposé vendredi une pétition aux Chambres fédérales contre le

    renvoi de Suisse des requérants d’asile assyriens chrétiens. Soutenus par

    les trois Eglises nationales, Christian Solidarity International (CSI) et

    par des groupes d’aide aux réfugiés, les Assyriens demandent que la Suisse

    reconnaisse que leur existence en tant que peuple est menacée en Turquie.

    La communauté assyrienne du Tur Abdin au sud-est de la Turquie ne compte

    aujourd’hui plus que 572 familles réparties dans 32 villages et comptant un

    peu plus de 3’000 personnes, a relevé, lors de la conférence de presse à

    Berne, M. Kücükaslan, de l’Association des Mésopotamiens de Suisse. C’est

    dire la menace qui pèse sur les Assyriens qui étaient encore quelque

    150’000 dans la région dans les années 60. Depuis une vingtaine d’années on

    compte au moins une cinquantaine de disparitions et d’assassinats de membres de la communauté assyrienne, dont six lors d’un embuscade le 13 janvier dernier.

    Pour obtenir la qualité de réfugié politique en Suisse, il faut en règle

    générale prouver une persécution personnelle. "En Turquie, nous sommes persécutés en tant que peuple et tant que chrétiens", rétorquent les Assyriens

    qui demandent à être reconnus en tant que groupe selon l’article 22 de la

    loi sur l’asile; à l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays d’Europe.

    Environ 350 Assyriens sont actuellement réfugiés en Suisse sous divers

    statuts, y compris les permis humanitaires et les travailleurs immigrés.

    Pour quelques dizaines d’entre eux des procédures sont encore en cours et

    un renvoi est possible. Au total, la communauté assyrienne compte environ

    5’000 membres en Suisse, certains déjà établis depuis plusieurs dizaines

    d’années.

    "Pour nous, comme pour les autres minorités, la démocratie n’existe pas

    en Turquie", témoigne Emanuel Akbas, de la communauté des Assyriens chrétiens du Tessin. Les Assyriens se trouvent sous la pression conjointe de

    l’Etat turc qui ne reconnaît pas leur existence en tant que peuple, des milices kurdes chargées de la lutte contre le Parti communiste du Kurdistan

    (PKK) et des militants extrémistes du Hezbollah pour qui tout ce n’est pas

    musulman et turc n’a pas droit à l’existence. Les Assyriens ne peuvent pas

    utiliser ni enseigner leur langue dans les écoles, ils ne peuvent garder

    leur prénom chrétien. Souvent les femmes sont forcées d’épouser des musulmans. Depuis 1975, l’immigration a conduit plusieurs dizaines de milliers

    d’Assyriens en Europe occidentale.

    Le Conseiller national évangélique bernois Otto Zwygart a déploré de son

    côté qu’en raison de liens économiques étroits avec la Turquie, la Suisse

    n’ose pas toujours être l’avocate efficace du peuple assyrien. (apic/mp)

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