Berne: Onze journalistes hongrois en (121192)
Les éditeurs catholiques et l’Institut de Journalisme de Fribourg associés
Berne, 12novembre(APIC) Du 12 octobre au 21 novembre, onze journalistes
hongrois séjournent en Suisse pour y suivre un programme de formation dans
les médias helvétiques. Une chance pour les journalistes de ce pays d’Europe de l’Est en plein processus d’enfantement démocratique d’apprendre à
connaître le rôle de la presse dans une économie de marché. Une occasion
également de poser un regard critique sur un paysage médiatique où le marketing-roi et la dictature des sondages tendent à limiter la liberté et
l’indépendance des journalistes.
Ce projet de formation - qui a débuté le 12 octobre par une intense semaine de cours et conférences à l’Institut de Journalisme de l’Université
de Fribourg - est soutenu par le Département fédéral des affaires étrangères dans le cadre du volet assistance technique prévu par le crédit de 800
millions de francs pour la coopération avec l’Europe de l’Est. Il a été mis
sur pied par le parti démocrate-chrétien suisse (PDC) en collaboration avec
l’Association suisse des éditeurs de journaux et périodiques, l’Association
des éditeurs de journaux catholiques, l’Institut de Journalisme de l’Université de Fibourg et le MAZ (centre de formation aux médias) de Lucerne.
Poussé par l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est, la
Commission d’étude "politique des médias" du PDC se penche depuis deux ans
sur la situation des médias en Hongrie, en Pologne et en Tchécoslovaquie.
Elle a constaté dans ces pays que les médias sont structurés "à l’ancienne", et que la formation journalistique est "inadaptée aux nouvelles exigences d’une démocratie naissante et au passage à l’économie de marché".
Sarolta Bittsansky, rédactrice à l’agence de presse catholique "Magyar
Kurir" à Budapest, et qui achève un stage de quatre semaines à l’agence
APIC à Fribourg, a reconnu jeudi au cours d’une rencontre avec les journalistes à Berne que les médias hongrois étaient trop souvent au service de
partis politiques et que l’on ne faisait aucune distinction entre les faits
et les commentaires. Elle a souligné l’importance d’une solide législation
sur la presse, pour protéger la liberté de la presse et l’indépendance des
journalistes.
D’autres stagiaires hongrois présents ont également été frappés par
l’importance du marketing dans la presse suisse: "l’information est un produit qui doit être vendu", "le journaliste doit écrire pour plaire au lecteur". Avec le risque qu’en prenant unilatéralement en considération les
impératifs du marché, la presse n’assume plus un certain "rôle éducatif" et
ne serve finalement à ses lecteurs que ce qu’ils demandent. "Ce serait la
fin de tout développement", a constaté Andras Koltai, rédacteur d’"Igen" à
Budapest, qui s’est demandé comment l’on peut faire face au "fast food culturel" qui s’impose de plus en plus en télévision.
La dernière semaine, les stagiaires hongrois la passeront au MAZ de Lucerne, où ils réaliseront une page pour l’édition du 20 novembre des deux
quotidiens de Suisse centrale "Luzerner Zeitung" et "Luzerner Neueste Nachrichten". Si l’évaluation de ce premier projet est positive, les
initiateurs de ce stage de formation poursuivront l’expérience en 1993 et
en 1994, éventuellement avec des stagiaires de l’ex-Tchécoslovaquie et de
Pologne. (apic/be)