Berne: nouvelle Constitution cantonale bernoise (090693)
de l’absence de référence à Dieu dans le préambule
Berne, 9juin(APIC) A peine acceptée par le corps électoral bernois dimanche 6 juin, la nouvelle constitution cantonale pourrait faire l’objet d’une
initiative. Des opposants à la nouvelle charte du canton contestent en effet l’absence de référence à Dieu dans le préambule.
La nouvelle constitution bernoise, adoptée par 77,8 % des votants, qui
doit entrer en vigueur le 1er janvier 1995, remplace celle de 1893. Considérée par les juristes comme la plus moderne de Suisse, la nouvelle Constitution contient - ce qui est nouveau - un préambule: "Dans l’intention de
protéger la liberté et le droit et d’aménager une collectivité dans laquelle tous vivent solidairement et sont conscients de leurs responsabilités
envers la création, le peuple bernois se donne la Constitution suivante."
Au lendemain de la votation, un comité formé autour du Parti évangélique
populaire a annoncé son intention de lancer en août ou en septembre une initiative visant à remédier à l’absence de référence divine dans le préambule.
Président du Tribunal de Sumiswald, Hans Rudolf Schenk, également membre
du Conseil synodal des Eglises réformées Berne-Jura, appartient à titre
personnel au comité d’initiative. "Je trouve qu’un préambule n’a pas une
grande valeur juridique, il relève d’une force morale." Pour lui, remplacer
Dieu par "création" n’est pas satisfaisant, aussi estime-t-il qu’il serait
intéressant de connaître à ce sujet l’avis du peuple bernois et de ses
quelque 700’000 réformés.
Membre du Conseil synodal bernois, le pasteur Raymond Bassin de Bienne,
exprime un avis contraire. "De mon point de vue personnel, il est aberrant
de lancer une initiative contre un texte qui a emporté l’adhésion de deux
votants sur trois", a-t-il confié au Service de presse protestant. L’initiative pourrait, estime encore le conseiller synodal, "tourner au plébiscite pour ou contre Dieu" et susciter des tensions l’intérieur de l’Eglise.
Lors des consultations relatives aux textes de la nouvelle Constitution, le
Conseil synodal et le Synode avaient émis le voeu de voir la mention de
Dieu contenue dans le préambule. La commission chargée de l’élaboration de
la Constitution n’a cependant pas donné suite à ce souhait. Jouant le jeu
démocratique, le Synode, réuni en décembre 1991, s’est incliné, non sans
regretter l’absence de référence divine.
De son côté l’Eglise catholique ne voit pas de raison de soutenir l’initiative du Parti évangélique populaire, avait expliqué au mois de mars le
chanoine Hans Bauer, doyen régional des décanats alémaniques du canton de
Berne. (apic/spp/mp)