pour ses relations avec le Saint-Siège
Vers une ambassade suisse future au Vatican?
Berne, 11novembre(APIC) Le Conseil fédéral a nommé un "ambassadeur en
mission spéciale" auprès du Saint-Siège, en la personne de l’ambassadeur
Jenö Staehelin, a indiqué à la fin de la semaine dernière le Département
fédéral des Affaires étrangères (DFAE). Cette nomination a pour but d’intensifier les relations bilatérales et d’établir une certaine réciprocité
dans les relations de la Suisse avec le Vatican. Depuis 1920 en effet, le
Saint-Siège a un réprésentant à Berne en la personne du Nonce apostolique.
En revanche, la Suisse n’a pas d’ambassade au Vatican.
Cette situation exceptionnelle en politique extérieure suisse ne satisfait que de "manière restreinte aux exigences actuelles de la diplomatie",
souligne le Département des Affaires étrangères. Le Conseil fédéral s’est
déclaré à plusieurs reprises en faveur du principe de l’universalité des
relations extérieures de la Suisse. La récente décision du Conseil fédéral
de nommer un "ambassadeur en mission spéciale" pourrait être une manière de
préparer l’opinion publique à une réciprocité normale entre le Saint-Siège
et la Suisse officielle, estiment certains observateurs de la vie politique
suisse.
La nomination de M. Staehelin, qui conserve ses fonctions de chef de division I de la direction politique du DFAE, va permettre d’intensifier les
relations bilatérales et d’établir des contacts réguliers avec les représentants du Vatican. La Suisse pourra donc ainsi sans intermédiaire exposer
directement, cas par cas, ses points de vue sur les sujets qui intéressent
les deux parties.
Les relations diplomatiques avec le Saint-Siège, rompues en 1874, avaient été rétablies en 1920. Le Vatican avait alors répondu favorablement au
voeu de la Suisse de ne pas ouvrir réciproquement une représentation. Le
Conseil fédéral de l’époque, bien que mieux disposé envers le Vatican que
celui de la seconde moitié du XIXe siècle, avait accepté ce compromis, pour
ne pas heurter de front les citoyens qui ne voyaient pas d’un bon oeil
l’appareil diplomatique de l’Eglise catholique romaine, ni la fonction du
pape liée à celle d’un chef d’Etat. (apic/ba)