Berne: Négociation entre les Eglises (300589)
Points de vue inchangés
Berne, 30mai(APIC) Les points de vue entre les Eglises, les oeuvres
d’entraide et les grandes banques suisses concernant l’Afrique du Sud n’ont
pas changé : si la condamnation du système de l’apartheid est partagée tant
par les Eglises que par les banques, il y a divergence sur les moyens à adopter pour contribuer à l’élimination de la discrimination raciale. Lors
de leur dernière rencontre à Berne, les délégations de la Conférence des
évêques suisses, de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse
(FEPS), des oeuvres d’entraide Pain pour le Prochain et Action de Carême
d’une part, et les représentants de l’Association suisse des banquiers et
des grandes banques, n’ont pas pu se mettre d’accord sur la question des
sanctions économiques.
C’est le moratoire sur la dette sud-africaine, établi en 1987 entre
l’Afrique du Sud et les banques créancières, qui a été au centre des discussions, précise un communiqué commun publié mardi. Ce moratoire ("standstill agreement") arrive en effet à expiration au milieu de 1990. Les Eglises et les oeuvres d’entraide souhaitaient que le renouvellement de cet accord soit l’occasion d’un renforcement de la pression économique sur
l’Afrique du Sud. Elles demandaient que le taux de remboursement soit rehaussé, afin d’inciter le pouvoir blanc à abolir l’apartheid.
Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne fédérale,
les Eglises ont les mêmes exigences à l’égard de leurs banques. Si les banques suisses se sont montrées compréhensives à l’égard des Eglises, elles
ont affirmé que leur marge de manoeuvre était étroite. Participant à ces
rencontres Eglises-banques, Pius Hafner, secrétaire de la Commission nationale suisse "Justice et Paix", estime que de telles discussions ont un sens
"tant que l’on a le sentiment d’être écouté". Les deux parties ont également dénoncé comme "incompatible avec les usages diplomatiques" le projet
de loi sud-africain relatif au financement des organisations politiques et
ecclésiastiques par des fonds étrangers. (apic/be)