à la présidence de la Conférence des Evêques suisses
Accueil des anciens d’Ecône : pour une meilleure coordination avec Rome
Berne, 8juin(APIC) La Conférence des Evêques suisses (CES), favorablement
impressionnée par le grand Rassemblement oecuménique européen "Paix et Justice" de Bâle, souhaite que l’Eglise catholique s’engage autant que possible pour le Rassemblement mondial de Séoul en 1990, a-t-elle communiqué
jeudi au cours d’une conférence de presse à Berne. A l’occasion de sa session d’été qui s’est déroulée du 5 au 7 juin à l’Abbaye d’Einsiedeln, la
CES a décidé de créer un nouveau dicastère pour la culture; elle a également abordé la question du dialogue avec l’islam en Suisse et traité du retour dans l’Eglise des "anciens d’Ecône". Elle a souhaité une meilleure
coordination dans ce domaine avec les instances romaines.
Tirant les conclusions du Rassemblement de Bâle, la CES estime que c’est
un point de départ et que le document final voté par plus de 95 % des
délégués - même s’il n’est pas comparable à un "document du Concile" - engage les Eglises dans le domaine de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création. La CES va demander à Rome, par le biais du cardinal
Carlo Maria Martini, président du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) que l’Eglise catholique soit bien représentée à Séoul. Une
décision romaine définitive doit être prise en juin.
Les évêques suisses ne veulent pas d’Eglise parallèle
Dressant un bilan de ses "premiers 100 jours" à la présidence de la CES,
Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire de Bâle, s’est déclaré impressionné
par le travail requis par sa charge. Depuis janvier, il a participé à plusieurs réunions épiscopales européennes notamment à Bruxelles, Luxembourg,
Munich, etc. Il s’est ainsi rendu compte des problèmes communs des Conférences épiscopales des pays voisins et de la nécessité de se concerter
quand il y a des démarches à faire à Rome.
Le 16 mai dernier, Mgr Candolfi s’est rendu à Rome avec les présidents
des Conférences épiscopales de France, d’Allemagne et d’Angleterre à l’invitation de Jean Paul II pour faire le point sur l’accueil dans les diocèses des anciens adeptes de Mgr Lefebvre. Il s’agissait de discuter des conditions à poser pour les prêtres et les séminaristes "anciens d’Ecône"
désirant travailler dans les diocèses. Le pape a remarqué que des évêques,
notammement les quatre présidents des Conférences présents, avaient écrit
ces derniers mois à Rome pour faire part de leurs préoccupations face à la
réintrégration des intégristes. Les évêques se plaignaient que la Commission romaine "Ecclesia Dei", dirigée par le cardinal Augustin Mayer, "passait par-dessus la tête des évêques pour prendre parfois certaines décisions et la compétence des évêques diocésains n’était ainsi pas respectée".
Un seul prêtre d’Ecône réintégré
Le fait d’introduire maintenant dans les églises la liturgie de St-Pie
V, différente de celle pratiquée habituellement, et de la prendre non seulement pour la messe mais également pour tous les sacrements, risquerait à
leurs yeux de semer la confusion chez les fidèles : on avait là l’impression d’avoir à faire à une Eglise parallèle, relève Mgr Candolfi. Pour les
évêques, il n’est pas question d’accueillir des prêtres d’Ecône s’ils ne
donnent pas clairement leur adhésion au Concile Vatican II, notamment en
matière d’oecuménisme et de liberté religieuse. Le pape Jean Paul II a
d’ailleurs signalé à plusieurs reprises que ces points sont des dimensions
essentielles du ministère. Aujourd’hui, trois prêtres traditionalistes ont
demandé leur réintégration, dont un est engagé dans un diocèse et les deux
autres cas sont encore à l’examen. De l’avis de Mgr Candolfi, la discussion
avec Rome s’est révélée utile.
Si autrefois, l’Eglise était très présente dans le domaine de la culture, c’est moins le cas dans une société sécularisée comme la nôtre. Comme
il n’y avait personne de responsable pour la culture en général au sein de
la CES, elle a décidé de créer son nouveau dicastère "Culture", dont le
siège est à Einsiedeln et la présidence assurée par l’Abbé Georg Holzherr.
Si d’autres commissions de la CES travaillent dans le domaine de la culture
(art sacré, musique sacrée, formation, éducation, médias...), il s’agit de
coordonner ce qui se fait déjà et voir ou il y a des manques. L’Eglise veut
en effet imprégner des valeurs de l’Evangile et de l’Eglise la culture sous
toute ses formes.
Concernant "l’affaire du Sonntag", cet hebdomadaire catholique désormais
propriété du groupe Jean Frey SA qui désire en faire un journal oecuménique
en regroupant sa rédaction avec celle du journal protestant "Leben und
Glauben", le P. Trauffer, secrétaire de la CES, a dit l’inquiétude des
évêques, mais également leur impuissance. Il a qualifié de "vendredi noir"
ce jour de mars dernier où la maison d’édition catholique Walter Verlag AG
est tombée dans l’escarcelle du financier zuricois Werner K. Rey. La CES
craint pour l’identité catholique de cet hebdomadaire et suit désormais
l’affaire de près. Elle n’a eu connaissance de ce rachat que lorsque
l’opération était déjà conclue. La CES demande aux catholique suisses de
prier pour les victimes des violences en Chine, en Palestine, au Liban et
en Afghanistan et prie instamment les gouvernements concernés de respecter
le droit fondamental à la vie. (apic/be)