Berne : Les étrangers sont une chance pour la catholicité (020689)
Berne, 2juin(APIC) C’est sous le signe de l’Europe de 1992 que s’est déroulée vendredi à Berne l’Assemblée annuelle de la SKAF, la Communauté catholique suisse de travail pour les étrangers et leurs problèmes. Pour la
première fois, Mgr Wolfgang Haas, évêque auxiliaire de Coire et nouveau
délégué de la Conférence des évêques suisses (CES) pour la question des migrants, participait à l’assemblée de cette Commission de la CES.
Le vicaire épiscopal Ivo Fürer, de St-Gall, secrétaire du Conseil des
Conférences épiscopales européennes (CCEE) et Mgr Paul Huot-Pleuroux,
secrétaire de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE), ont analysé les chances et les défis que représente pour l’Eglise ce
tournant dans l’histoire européenne qu’est le "grand marché européen" qui
doit se mettre en place fin 92. La SKAF a également relevé que la présence
des étrangers dans l’Eglise en Suisse était une chance pour la catholicité.
Représentant les catholiques italiens, Franco Castrovillari a rappelé
que les étrangers formaient près d’un tiers de la population catholique en
Suisse; il a souligné qu’il existait bien un égalité devant l’impôt entre
catholiques suisses et étrangers, mais que ces derniers, dans les paroisses
du canton de Berne, n’avaient ni le droit de vote ni le droit d’élire ou
d’être élus.
Le "grand marché" de 320 millions de personnes, de l’avis de Mgr HuotPleuroux, présentera de nombreux avantages : c’est la seule issue possible
si notre vieux continent souhaite garder une certaine place dans le monde,
face à ses concurrents américains et japonais. Mais la réalisation de ce
"grand marché" ne va pas résoudre "d’un coup de baguette magique" les problèmes de la pauvreté croissante et du chômage qui touche près de 20 millions de personnes dans l’Europe des Douze, surtout des jeunes et des femmes. Si la Communauté sera certainement prospère, Mgr Huot-Pleuroux souhaite qu’elle le soit pour tous et pas seulement pour les "gros" et pour le
"quadrilatère d’or" Londres, Paris, Milan, Francfort.
La solidarité n’est pas automatique, a-t-il lancé, et il ne faudrait pas
que la CEE oublie le volet social et la nécessaire prise en compte de la
périphérie (Irlande, Portugal, Sud de l’Italie, Grèce) et des pays du
tiers-monde. La libre circulation des biens, des hommes et des idées est
assurément une bonne chose, à condition que chacun conserve son identité et
sa culture. Il peut en effet y avoir des risques de nivellement, d’oubli,
voire d’écrasement des minorités. Finalement, si la construction européenne
se fait en matière politique et économique, il ne faudrait pas oublier
l’"Europe de l’Esprit", à laquelle les chrétiens sont invités à participer.