Berne : les Eglises résoudront-elles le problème des Zaffarayas ? (241187)
Berne, 24novembre(APIC) Il y a tout juste une semaine, le mardi 17 novembre, la police municipale bernoise intervenait en force pour déloger la
communauté alternative des "Zaffarayas" qui occupait illégalement un terrain sur les bords de l’Aar. Suite aux diverses manifestations de solidarité avec les locataires du "Pays libre de Zaffaraya" et face à une opinion
publique divisée, les autorités de la ville fédérale souhaitent trouver une
issue à cette affaire qui empoisonne l’atmosphère. Reste le fait, souligne
le président de la ville Werner Bircher, que les "Zaffarayas" ne sont pas
organisés dans le sens commun du terme, et que les autorités aimeraient
bien un interlocuteur "officiel". Mercredi 25 novembre, l’exécutif de la
ville de Berne va débattre pour savoir dans quelle mesure les Eglises pourraient aider à résoudre ce problème, en présence du conseiller d’Etat Bernhard Müller.
L’initiative vient donc des autorités et s’adresse aux Eglises en
général, à savoir aux trois Eglises nationales (évangélique réformée,
catholique romaine et catholique chrétienne), mais peut-être aussi aux
Eglises libres. C’est le conseiller d’Etat Bernhard Müller, président du
gouvernement bernois, qui a lancé en premier cet appel aux Eglises. Werner
Bircher a ensuite contacté le président du Conseil synodal de l’Eglise
évangélique réformée, Hans Schindler, pour lui transmettre cette demande.
Vendredi dernier, Hans Schindler a rencontré Bernhard Müller, et l’a assuré
de la disponibilité de l’ensemble du Conseil synodal.
Du côté catholique, on affirme ne pas avoir été contacté jusqu’à présent
par les autorités. Ni le président du Conseil synodal catholique romain du
canton de Berne, Traugott Rüttimann, ni le président de l’ensemble des paroisses de la ville, Thalmann, ne sont au courant de telles démarches.
Quant à l’abbé Hans Baur, doyen de Berne-Ville, il n’en sait guère plus. Il
a souligné que l’on a bien parlé des "Zaffarayas" parmi les prêtres de la
ville, et que l’on pouvait en penser ce qu’on en voulait. Il ne serait pas
étonné que les autorités de la ville n’aient sollicité que l’Eglise évangélique réformée, car ce serait, selon lui, une attitude typique pour le canton de Berne.
Quant à savoir si l’Eglise catholique ne pourrait pas elle-même prendre
l’initiative d’offrir son aide, le doyen a répondu qu’il n’aurait aucune
chance avec une telle proposition face à son Conseil de paroisse : "Nos
conseillers paroissiaux sont tout à fait du côté de l’ordre", et d’ajouter
qu’une telle proposition équivaudrait à "mettre le pied dans un nid de guêpes". Pour le moment, seuls les responsables de la pastorale de la jeunesse
ont agi concrètement dans cette affaire. Ils ont notamment publié un communiqué qui paraîtra jeudi dans le bulletin paroissial de Berne. Ils regrettent qu’aucune solution pacifique n’ait pu être trouvée dans cette affaire.
Ils se déclarent prêts à offrir leur aide pour servir d’intermédiaires entre les autorités et les jeunes. (apic/fre/d/be)