Berne: Les Eglises questionnent la (130892)
Quel avenir pour les migrants yougsolaves en Suisse ?
Berne, 13août(APIC) Le Comité de coordination des Eglises suisses pour
les questions relatives aux étrangers a demandé jeudi 13 août aux autorités
fédérales d’abolir enfin le statut de saisonniers et de mieux contrôler les
autorisations de séjour de courte durée, ces contingents devant être de
toute façon réduits en vue de l’intégration de la Suisse dans l’Europe. Il
exprime également ses craintes pour l’avenir des migrants yougoslaves dans
notre pays et déplore que le gouvernement considère davantage les besoins
de l’économie que l’intégration des étrangers. .
Le Comité de coordination - émanant de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) et de la Conférence des évêques suisses (CES) regrette que le Conseil fédéral, dans sa dernière réglementation de la
main-d’oeuvre étrangère, tienne compte avant tout des besoins de l’économie
et ne saisisse pas l’occasion d’une meilleure intégration des étrangers.
Face un quotidien de plus en plus marqué par la crainte et la xénophobie,
souligne le communiqué, les Eglises se seraient attendues à une politique
active d’intégration de la part des autorités fédérales, et notamment à des
mesures facilitant le regroupement familial.
Les Etats de l’ex-Yougoslavie ne sont désormais plus mentionnés sous la
dénomination "pays de recrutement traditionnels". Les Eglises considèrent
cela comme une "modification alarmante" de la politique pratiquée jusqu’ici
à l’égard des étrangers. Elles se demandent quel statut auront à l’avenir
les migrants de l’ex-Yougoslavie présents en Suisse. "Pour nous, ces êtres
humains, que l’on est allé chercher pour les amener travailler en Suisse,
ne peuvent être simplement renvoyés parce que leur permis de séjour n’est
plus renouvelé".
Le Comité relève encore que la révision partielle de l’Ordonnance du
Conseil fédéral sur la réglementation 92/93 de la main-d’oeuvre étrangère
mentionne la possible introduction d’une forme de contingent plus restrictive dès l’automne 1992 pour l’immigration venue de pays tiers. Les Eglises
se demandent quels sont les catégories d’immigrants concernés et les pays
tiers, qui ne sont pas mentionnés. Le Comité de coordination se demande si,
selon le "modèle des trois cercles" du Conseil fédéral, l’on ne vise pas
les pays du "troisième cercle", c’est-à-dire les pays situés en dehors de
la CE, de l’AELE et de l’Amérique du Nord. Ce seraient donc les réfugiés
des pays du tiers monde qui seraient touchés ou par exemple les immigrants
de l’ex-Yougoslavie. (apic/com/be)