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    Colloque sur la responsabilité du consommateur d’énergie

    Berne : les Eglises dans le débat sur l’énergie (220989)

    Berne, 22septembre(APIC) Une cinquantaine de chercheurs, fonctionnaires,

    hommes politiques, théologiens, écologistes et autres "électriciens" d’EOS

    ou des EEF se sont retrouvés vendredi à Berne pour confronter leurs points

    de vue sur les économies d’énergie à l’invitation de l’Institut d’Ethique

    Sociale (IES) de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, de

    "Justice et Paix" et de la Communauté oecuménique de travail Eglise et Environnement (COTE).

    Cela fait déjà plusieurs années que les Eglises, dans le cadre d’une réflexion sur la "sauvegarde de la création", s’inquiètent du gaspillage des

    ressources naturelles et de l’énergie dans les pays industrialisés et de

    ses conséquences sur l’environnement. Comme l’a rappelé Roland J. Campiche,

    de l’IES à Lausanne, il est urgent d’adopter une démarche éthique qui déclenche et organise un "contre-courant". Dans la mesure où la foi chrétienne affirme que la Création est un don de Dieu et que l’homme doit la gérer

    de manière à la rendre habitable pour tous, y compris pour les générations

    à venir, il est légitime que les théologiens s’interrogent sur la consommation d’énergie et partagent leurs réflexion avec les gens engagés dans la

    vie économique, politique et sociale dans le but de faire changer peu à peu

    les choses.

    C’est dans ce cadre du programme national PNR 44 du Fonds national suisse de la recherche scientifique qu’un groupe oecuménique de chercheurs a

    publié l’étude "L’énergie au quotidien" qui a servi de base aux débats de

    vendredi. Sur la base d’une enquête approfondie auprès d’une soixantaine de

    ménages romands (3’000 pages d’interviews), cette recherche montre que même

    si la consommation d’énergie domestique constitue le tiers de la consommation totale en Suisse, le privé a l’impression d’être impuissant et que ses

    efforts sont inutiles si les gros consommateurs publics et privés ne montrent pas l’exemple. L’étude montre qu’il n’existe pas chez le citoyen de

    "savoir énergétique constitué".

    "Un nouvel art de consommer"

    Bien que la population suisse mette la protection de l’environnement

    parmi ses préoccupations prioritaires, son comportement est loin d’être cohérent en matière d’économie d’énergie. Les technologies les plus sophistiquées peuvent être réduites à néant par le comportement inadéquat du consommateur. Si les Eglises souhaitent un développement plus qualitatif, "un

    nouvel art de consommer" - elles ne prônent pas un "retour passéiste à

    l’éclairage à la bougie et à la lessive à la rivière" - elles soulignent

    que l’amélioration de l’infrastructure de production, de gestion et de consommation de l’énergie représentent la condition "sine qua non" de son économie.

    Sans infrastructures adaptées sur lesquelles il n’a aucune prise (isolation des bâtiments, réglages du chauffage, meilleur rendement énergétique

    des équipements, etc.), il est en effet inopérant d’inciter le locataire à

    diminuer la température de son appartement, a-t-on rappelé à Berne. On a

    tout de même souligné que l’introduction de solutions techniques ne doit

    pas devenir un objectif en soi déresponsabilisant les individus.

    De "solides ennemis"

    Pour Georges Krebs, chef du Service du Chauffage de la Ville de Genève,

    le comportement individuel n’a que très peu d’influence sur la consommation

    d’énergie, il importe donc que l’Etat prenne en charge ce domaine et qu’il

    montre l’exemple en construisant et en gérant économiquement ses bâtiments,

    et en édictant des lois sur l’énergie. Mais, a-t-il lancé, "il ne faut pas

    oublier non plus que l’énergie est un produit à vendre et que ceux qui veulent en limiter la consommation vont rencontrer de solides ennemis".

    Relevant que les crises successives du pétrole, la catastrophe de Tchernobyl ou le dépérissement des forêts, n’ont pas empêché la consommation

    d’énergie primaire en Suisse d’augmenter de plus de 20 % entre 1973 et

    1988, celle de l’électricité de 54 %, celle de carburants de 37 % et le

    nombre de véhicule à moteur de plus de 80 %, Hans-Luzius Schmid, de l’Office fédéral de l’énergie, a encore encouragé les efforts des Eglises pour la

    "Justice, la Paix et la Sauvegarde de la Création". (apic/be)

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