Berne: Les Eglises chrétiennes de Suisse (220190)
Pas de "festin de la paix" en Suisse romande
Berne, 22janvier(APIC) En 1991, la Confédération helvétique fêtera ses
700 ans, et ce ne sera pas une fête organisée d’en-haut : "Nous n’imiterons
pas nos voisins, et nous fêterons comme nous sommes habitués à le faire en
Suisse, en évitant le spectaculaire", a déclaré lundi à Berne le délégué du
Conseil fédéral pour ce jubilé, le tessinois Marco Solari. Les Eglises
chrétiennes, sollicitées par les autorités fédérales, sont partantes, avec
toute une série de projets, dont un spectacle théâtral, "Le festin de la
paix", qui n’a malheureusement pu être transcrit pour le public romand et
tessinois.
Regroupant les Fédérations des Eglises protestantes de la Suisse, des
Eglises évangéliques luthériennes et des communautés baptistes, ainsi que
la Conférence des évêques, l’Armée du Salut, les Eglises catholique-chrétienne, évangélique méthodiste et orthodoxes de Suisse, la Communauté de
travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC) fêtera l’an prochain son
vingtième anniversaire. Mgr Pierre Mamie, son actuel président, a rappelé
que l’un des objectifs prioritaires de la CTEC aujourd’hui est la préparation de la célébration du 700e de manière oecuménique. Elle oeuvre ainsi à
la mise sur pied de la cérémonie officielle du Jeûne fédéral 1991 sur la
place du Landenberg, près de Sarnen (OW), qui marquera la clôture de la
"Fête de la Confédération" en Suisse centrale.
Message "sur l’état de la Nation"
Ce Jeûne fédéral particulier servira de renouveau pour les jeûnes futurs. Est prévu notamment un service oecuménique commun des Eglises membres
de la CTEC, ainsi que des services religieux juifs et musulmans distincts
au Landenberg, sous le signe "au nom de Dieu". Ces divers services religieux seront retransmis en direct par la télévision. Un message "sur l’état
de la Nation" sera également publié ce jour-là et des réunions sont prévues
dans les paroisses et communes de tout le pays où se discuteront des questions urgentes de portée nationale.
Une équipe oecuménique prépare encore un "atelier biblique" permettant,
à la lecture de textes du temps des patriarches (la délivrance, la sortie
d’Egypte...), des prophètes (discours dénonçant les injustices de l’époque...) et des textes d’espérance (la promesse), non pas de trouver des recettes toutes faites, mais d’y déchiffrer des orientations pour aujourd’hui
afin de nous aider à devenir un peuple responsable et humain. Ce projet
s’adresse à tous les lieux où les chrétiens se rencontrent : paroisses,
mouvements divers, groupes existants ou créés pour l’occasion.
Un manuel dans lequel les textes sont expliqués paraîtra en automne prochain et des cours de formation seront organisés pour les animateurs. Un
guide de méditation pour ceux qui parcourent la "Voie Suisse" au bord du
lac d’Uri permettra, par l’intermédiaire de textes simples et courts, d’attirer l’attention sur le symbolisme des éléments naturels qui révèlent le
Créateur. Il sera à disposition dans les églises et chapelles jalonnant la
"Voie Suisse".
Quant au "Festin de la paix" (Pro Cena Pacis), c’est certainement le
projet majeur de la Commission oecuménique 1991 de la CTEC. Son auteur est
le théologien Walter J. Hollenweger, qui occupait jusqu’à l’année dernière
une chaire à l’Université de Birmingham (GB). L’idée de base est la Sainte
Cène de Léonard de Vinci. Douze personnages de l’histoire suisse (représentant tout le spectre politique, culturel et religieux de la Suisse : du
moine irlandais Gallus, en passant par Guillaume Tell, Henri Dunant, Nicolas de Fluë ou le général Guisan, avec un "invité-surprise", Judas) sont
soumis à un examen puis invités à participer au festin suisse de la paix.
Ce spectacle qui alliera la musique, la danse et le texte, et fera participer chorales et fanfares locales, reprend sous certains aspects la tradition des mystères du Moyen-Age et incitera à une réflexion sur les valeurs
fondamentales.
La réalisation de ce spectacle - qui coûtera un demi-million de francs
au bas mot - est prise en charge par le théâtre du canton de Zurich et une
cinquantaine de représentations sont prévues en Suisse alémanique, dans le
Haut-Valais, et probablement dans la partie alémanique du canton de Fribourg (et peut-être aussi à l’Université de Fribourg). Une adaptation en
français était prévue, et malgré les efforts des organisateurs, aucune
troupe de théâtre de Romandie n’avait la possibilité de prendre en charge
une mise en scène qu’il aurait fallu passablement adapter. Les paroisses et
les communes romandes, à l’instar des tessinoises, seront donc privées du
"Festin de la paix". (apic/be)