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    Berne : Le national interdit complètement les "brutalos" (070689)

    Satisfaction au CCRT et à l’Office protestant du cinéma

    Berne, 7juin(APIC/Jacques Berset) A la satisfaction de plusieurs responsables chrétiens engagés dans le cinéma et les émissions religieuses à la

    radio et à la télévision, une nouvelle disposition du code pénal qui interdit désormais les "brutalos" ou films violents, a été approuvée mercredi 7

    juin par le Conseil national. Elle avait déjà été adoptée en 1987 par le

    Conseil des Etats.

    Le nouvel article 135 CPS sur la représentation de la violence, qui punit de l’emprisonnement ou de l’amende la fabrication et toutes les formes

    de transmission, de publication ou de diffusion de certaines représentations de violence cruelle, épargne cependant l’écrit, comme le souhaitait

    le radical genevois Gilles Petitpierre. L’interdiction est générale et les

    partisans de la limite d’âge à 16 ou 18 ans ont été battus.

    "Personnellement, regrette le pasteur Maurice Terrail, responsable de

    l’Office protestant du cinéma à Lausanne, je trouve que c’est toujours

    triste quand il faut prendre des mesures de coercition de cet ordre-là; je

    pense toutefois que c’est une mesure qui me paraît sage, de même le refus

    d’opter pour une limite d’âge, car il n’y a pratiquement pas de contrôle".

    "C’est quand même un très gros problème que celui de la représentation

    de la violence - pas tellement dans les salles de cinéma, parce que nos importateurs de films pratiquent quand même une autocensure - mais dans les

    cassettes vidéo", estime le pasteur Terrail. Membre de la commission qui

    fixe les âges pour les cinémas dans le canton de Vaud, le pasteur Terrail

    déplore que dans les commerces de vidéo il n’y ait pas tellement de contrôle, surtout en ce qui concerne la jeunesse. Dans les catalogues de ces

    commerces, les bons films font défaut ou, d’après les propriétaires, sont

    très peu demandés.

    Maurice Terrail regrette que le gros des films vidéo dans le commerce

    soient des films "pornos" et de plus en plus des films extrêmement violents. A son avis, ce type de violence extrême et dégradante ne se trouve

    pas sur le grand écran ou à la télévision. Il se demande toutefois ce qui

    va se passer à l’avenir avec les chaînes commerciales qui diffusent par satellite par-dessus les frontières nationales.

    Directeur du Centre catholique de radio et télévision (CCRT) à Lausanne,

    André Kolly salue cette disposition qui va dans le sens d’une certaine exigence de dignité humaine. C’est comme pour la protection de l’environnement, relève-t-il, c’est une illusion de croire que la libre responsabilité

    personnelle soit suffisante pour vivre en société. "Le principe premier,

    souligne-t-il, c’est toujours le principe de la liberté personnelle responsable, mais de cette liberté, on n’en fait pas forcément usage dans tous

    les commerces".

    La Commission fédérale du cinéma avait réagi la semaine dernière contre

    une éventuelle interdiction générale des vidéo-cassettes et films violents

    dans une lettre adressée aux membres du Conseil national. En cas d’adoption

    de l’article 135, la Commission fédérale du cinéma en avait proposé une

    version atténuée. Un tel article, estimait-t-elle, passe à côté de la

    cible, est inefficace et favoriserait la naissance d’un marché noir. Mais

    pour le Conseil fédéral et le parlement, cet article du code pénal a pour

    but la protection de la jeunesse et il n’y a aucun risque de censure et

    d’immixtion étatique dans la création culturelle. (apic/be)

    Encadré

    Une réponse pastorale à la pornographie et la violence dans les médias

    Dans le document "Pornographie et violence dans les médias", publié le

    16 mai par le Conseil pontifical pour les Communications sociales et considéré comme une réponse pastorale, le Vatican insiste sur les "effets dégradants" de la pornographie et de la violence. Elles "déprécient la sexualité, pervertissent les relations humaines, asservissent les individus, en

    particulier les enfants et les femmes, détruisent le mariage et la vie de

    famille, inspirent des attitudes antisociales et affaiblissent la fibre morale de la société". Quant aux moyens de combattre ces effets, le document

    estime que les communicateurs "responsables" doivent se concerter pour formuler et appliquer des codes éthiques. Il souligne que l’auto-régulation au

    sein des médias est la première et la plus souhaitable des défenses.

    Après avoir parlé de la responsabilité des parents et de l’école, le document s’adresse aux autorités. Il les invite à promulguer des "lois saines". La production du matériel pornographique et des vidéo-cassettes et

    films violents ne connaissant pas de frontière, le document demande aux autorités civiles d’agir au plan international comme l’ont déjà fait, entre

    autres, la Communauté Européenne, le Conseil de l’Europe et l’Unesco.

    Le document demande enfin que la formation aux médias soit inscrite dans

    les programmes scolaires des institutions catholiques. Il souligne, au moment de conclure, qu"une attitude purement restrictive ou de censure de la

    part de l’Eglise vis-à-vis des médias n’est ni suffisante ni appropriée".

    Le document engage au contraire l’Eglise et les communicateurs conscients

    de leurs responsabilités à un dialogue permanent. (apic/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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