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    L’Afrique n’est pas un continent perdu (250293)

    Berne: lancement de la Campagne de carême à l’église française

    Berne, 25février(APIC) "Nous avons besoin de l’Afrique. Elle peut nous

    apporter des valeurs que nous avons perdues: sa culture, son art, sa vie

    communautaire, son sens de la famille, sa notion du temps, sa relation avec

    la nature, son sens du religieux". C’est ce que le Conseiller fédéral JeanPascal Delamuraz a rappelé lors de la cérémonie d’ouverture de la Campagne

    de carême jeudi à l’église française de Berne en présence de quelques 300

    personnes. Non l’Afrique n’est pas le continent perdu que l’on imagine. Mme

    Amba Oduyoye, du Ghana, a rappelé pour sa part que le développement passe

    par la participation de tous, le réel partage du pouvoir et la rebellion

    contre la souffrance injuste. Le tout dans l’ambiance chaleureuse des

    chants zaïrois.

    L’Europe après la chute du mur de Berlin est en train de chercher son

    unité, de tenter de redevenir un ensemble culturel porteur d’une civilisation commune basée sur les valeurs judéo-chrétiennes. Cet effort de rapprochement entre l’Est et l’Ouest, souligne Jean-Pascal Delamuraz, ne saurait

    être en concurrence avec le dialogue Nord-Sud, plus ancien, plus profond,

    plus difficile et plus exigeant. "Nous vivons dans un seul monde limité en

    ressources naturelles, à gérer ensemble", remarque le Conseiller fédéral.

    Si 29 des 34 pays les plus pauvres sont africains, si la croissance démographique est plus forte que la croissance économique, si l’Afrique ne représente que 2% du commerce mondial, nous devons aussi prendre conscience

    des atouts de l’Afrique, de son potentiel humain et créatif, de sa volonté

    et de son courage sur le chemin de la démocratie et du développement. Nous

    devons assumer notre responsabilité de pays nantis avec engagement et conviction, conclut-il.

    Mercy Amba Oduyoye a pour sa part fait un commentaire approfondi du thème "partager le pouvoir, vivre ensemble". Le partage du pouvoir implique

    deux conditions: la capacité à l’assumer et la possibilité de le faire.

    D’où la nécessité de l’éducation, de la démocratie mais aussi d’un système

    d’échanges plus justes. "Mais beaucoup de pays ne veulent rien avoir à faire avec des mouvements qui remettent en cause les autorités politiques ou

    les structures économiques du continent", soutenues avec cynisme par les

    pouvoirs occidentaux, remarque l’oratrice. Seul le partage du pouvoir permettra vraiment de vivre ensemble. "Les voix prophétiques ne sont pas soutenues ouvertement par les chrétiens d’Europe" déplore-t-elle. "Nous voulons nous éléver de la condition de servitude à celle du service", cette

    phrase d’une femme africaine décrit parfaitement la démarche à accomplir

    souligne-t-elle.

    Mgr Henri Salina, évêque Abbé de St-Maurice, Mgr Hans Gerny, évêque catholique-chrétien de Suisse et le pasteur Raymond de Rahm ont appelé au nom

    des Eglises à une réelle conversion en rappelant la parole du Christ: "Que

    le plus grand parmi vous soit votre serviteur". (apic/mp)

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