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    Après la polémique, le dialogue

    Berne: La globalisation alimente le débat dans l’Eglise réformée Berne-Jura

    Berne, 10 septembre 2002 (APIC) Une journée sur l’Eglise et la globalisation a attiré plus de 130 participants le 9 septembre à la maison de paroisse de Saint-Jean à Berne. Les interventions de cette rencontre permettront au Conseil synodal de l’Eglise réformée Berne-Jura de prendre position au sujet de cette question qui avait suscité la polémique l’an dernier.

    Cette journée a attiré quelque 130 participants, membres du Conseil synodal, ministres, collaboratrices et collaborateurs ecclésiaux, ou opposants à la globalisation. Cette affluence, jugée encourageante par les organisateurs, est due au fait que l’an dernier, la question de la globalisation avait déclenché une "vive polémique à l’intérieur des Eglises réformées Berne - Jura". "A cette époque, le service OEcuménisme/Terre nouvelle avait brusqué le Conseil synodal en déclarant publiquement qu’il refusait de dialoguer avec le Forum économique mondial", souligne l’Eglise réformée dans un communiqué diffusé le 10 septembre.

    De retour du sommet mondial de Johannesburg, Markus Mugglin journaliste à la radio alémanique DRS, a mis en évidence le fossé entre pauvres et riches qui ne se cesse de se creuser sous l’influence d’une économie globalisée. Le terme "Apartheid global" fait d’ailleurs son apparition, mettant bien en évidence cette marginalisation des pays en développement, a rappelé le conférencier.

    Trois milliards de pauvres dans le monde

    L’économiste tanzanien Rogate Mshana, du Conseil oecuménique des Eglises, a rappelé que "60 méga-entreprises de 30 pays dominent l’économie mondiale". Les inconvénients de la globalisation l’emportent largement sur ses avantages, selon lui. En effet, "trois milliards de personnes sont pauvres". L’économiste tanzanien plaide en faveur d’une justice qui s’étende à l’économie, d’un commerce équitable et de structures financières qui obéissent à des structures justes. Il appelle les Eglises à s’engager en faveur d’une économie mondiale qui se mesure à l’être humain, à former des réseaux et des coalitions qui permettent aux modèles économiques de rechange de s’imposer.

    Le théologien sud-coréen Seong-Won Park, qui dirige le département Collaboration et témoignage de l’Alliance réformée mondiale (ARM), explique à son tour qu’en tant que chrétien, il ne peut pas accepter l’évolution inadéquate d’une économie basée sur la marginalisation et l’injustice. Nombreux sont aujourd’hui les pays qui, sous le joug des Etats-Unis, ont perdu la maîtrise de leur développement économique. "Combien faudra-t-il encore de pays qui partent à la dérive, combien faudra-t-il encore de catastrophes écologiques avant qu’un revirement n’intervienne?", s’interroge Seong-Won Park.

    Des débats ont eu lieu au sein de huit groupes de travail durant l’après- midi du colloque. Les propositions concrètes qui en émanent ont été remises à l’Eglise réformée Berne-Jura afin de lui permettre de prendre position sur la question de la globalisation. (apic/com/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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