"Horizon Femmes Suisse-Europe", l’Europe vue par les femmes
Berne, 8mai(APIC) Le débat sur l’Europe est partout présent, mais il lui
manque la "perspective féministe", l’Europe vue par les femmes. C’est pour
pallier ce manque et coordonner des actions avec des groupes de femmes au
niveau européen que la "Campagne pour la paix" - soutenue par la Fédération
suisse des femmes protestantes, les Femmes pour la paix et la Ligue suisse
de femmes catholiques - lance son bulletin bilingue "Horizons Femmes Suisse-Europe". Le No 0 a été présenté vendredi à Berne et le bulletin paraîtra
huit fois par an.
Tiré pour ce numéro d’essai à 11’000 exemplaires, "Horizon Femmes Suisse-Europe" devrait être vendu par abonnement et dynamiser les actions de la
"Campagne pour la paix". Il est financé par le Fonds pour la paix, une initiative lancée il y a 6 ans dans le sillage des discussions sur la création
d’un Institut pour la paix et la proposition d’un impôt volontaire pour financer la recherche sur la paix. Ce Fonds reçoit bon an mal an entre 60’000
et 70’000 francs de dons.
Quel rapport entre la recherche pour la paix et la nouvelle Europe en
construction ? Ce lien, explique la Lausannoise Monique Anderfuhren, du
Groupe de travail de la Campagne pour la paix, est évident: la paix n’est
pas seulement l’absence de guerre et le silence des armes. La paix et la
justice sont intimement liées. Le grand rassemblement oecuménique de la
Pentecôte 1989 à Bâle, "Paix et Justice", a fait progresser la conscience
que la justice, la paix et la sauvegarde de la création (ou écologie) sont
indissociables l’une de l’autre. Pas de paix donc si les inégalités sociales et la discrimination sont criantes, si les droits de l’homme ne sont
pas respectés, si la nature est détruite.
Les initiatrices estiment que dans les grands débats de l’heure, les
femmes, "la moitié de l’humanité", sont "peu demandées" et que les structures de pouvoir sont masculines. D’autre part, le débat européen leur semble
plutôt limité à la discussion sur la participation de la Suisse à l’Espace
économique européen (EEE) ou à la Communauté européenne (CE). Elles souhaiteraient que le concept d’Europe s’élargisse et s’étende solidairement à
l’Europe de la CSCE. Pour elles, la politique économique, l’écologie, les
migrations, le chômage et le marché du travail "sont aussi des questions de
femmes". Il s’agit donc, avec cette nouvelle initiative, "de rendre
visibles les femmes et leurs questions". (apic/be)