Berne : L’Eglise évangélique-réformée du canton de (091291)
Les Eglises ont déjà fait plus que leur part
Berne, 9décembre(APIC) Les Eglises devraient aider l’Etat de Berne à économiser 7 millions de francs, notamment en supprimant ou en ne repourvoyant
pas des postes de pasteurs, estime le gouvernement bernois. Les Eglises du
canton ne sont pas de cet avis et affirment avoir déjà fait plus que leur
part en matière d’économies. Des mesures d’austérité supplémentaires, déclarent-elles, auraient des conséquences négatives sur le travail social et
d’utilité publique que fournissent les Eglises bernoises.
Grâce à la présence des Eglises dans le domaine de la diaconie et de
l’entraide, rien que par l’apport de l’Eglise évangélique-réformée, l’Etat
de Berne économise ainsi chaque année près de 7,5 millions de francs. D’autre part, par le fait que trente paroisses évangéliques-réformées paient
elles-mêmes leurs pasteurs, bien que cela soit en principe la tâche de
l’Etat, 4 millions supplémentaires sont encore épargnés par l’Etat chaque
année.
Une analyse complète qu’elle a faite elle-même montre que la contribution des Eglises bernoises aux économies du ménage cantonal depuis des années se monte à près du double de ce que l’Etat demande maintenant, affirme
dans un communiqué l’Eglise évangélique réformée du canton de Berne. Elle
va donc interpeller encore une fois les députés - qui doivent traiter ce
sujet à partir de mercredi lorsqu’ils examineront le paquet financier avant qu’ils ne prennent une décision définitive concernant les propositions d’économie du gouvernement. A fin novembre, les trois Eglises cantonales avaient déjà adressé un appel dans ce sens aux parlementaires.
Le Conseil d’Etat bernois a proposé au Parlement, dans le cadre des efforts d’économie, de supprimer 15 postes de pasteurs, dont 13 probablement
pour l’Eglise évangélique réformée et deux pour l’Eglise catholique romaine, a révélé à l’APIC Hermann Battaglia, de l’administration centrale de
l’Eglise évangélique-réformée du canton de Berne. En outre, un cinquième
des sièges devenant vacants ne serait plus repourvu.
L’Eglise catholique, dans une lettre accompagnant la prise de position
commune datée du 22 novembre que les trois Eglises cantonales ont adressée
aux parlementaires bernois, considère que la décision du gouvernement de
"mésestime les tâches des Eglises et de leurs pasteurs". Quant à l’Eglise
catholique chrétienne, elle parle de mesures inacceptables et sans base juridique. Ces mesures méconnaissent le service que rendent les Eglises à
l’Etat et à la société. L’Eglise évangélique réformée fait remarquer que la
proposition du gouvernement est la suite d’une politique financière et fiscale qui pèse déjà en soi lourdement sur les Eglises.
Dans leur lettre commune à tous les députés du grand Conseil bernois,
les Eglises déplorent que le gouvernement n’ait pas consulté les Eglises,
faisant ainsi peu de cas du partenariat entre l’Eglise et l’Etat. Les
mesures proposées, estiment-elles encore, "violent clairement les
conventions selon lesquelles l’Etat s’est engagé de son côté à prendre en
charge la rétribution des pasteurs en compensation de la confiscation des
biens ecclésiatiques".
Le procédé du gouvernement a touché les Eglises et a provoqué leur
mauvaise humeur. Dans leur lettre, les trois Eglises font remarquer que
depuis des années déjà les Eglises ont pris des mesures d’économie
significatives et que cela n’a manifestement pas été reconnu par le
gouvernement. (apic/gbr/mp)