Berne: Justice et paix et la Communauté de travail des oeuvres
"Aide au développement: un peu de cohérence!"
Berne, 25septembre(APIC) La Commission nationale suisse Justice et Paix
exige du Conseil National qu’il respecte ses engagements pris en 1991 et
renonce à faire des coupes budgétaires dans les crédits destinées au desendettement et à la protection de l’environnement dans le tiers monde. De son
côté, la Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide, dans une
lettre ouverte aux parlementaires fédéraux, met en garde à ce propos contre
les conséquences d’une réduction massive des crédits. Cette lettre ouverte
sera publiée par voie d’annonces dans les grands quotidiens suisses.
Dans le cadre du 700e anniversaire de la Confédération, les Chambres fédérales ont adopté un crédit de 700 millions de francs pour le désendettement et la protection de l’environnement dans les pays en voie de développement. Cette mesure faisait suite à une pétition lancée par les oeuvres
d’entraide qui avait recueilli quelque 250’000 signatures.
Si les mesures de réduction proposées par le Conseil fédéral sont acceptées par le parlement, ce sont pas moins de 500 millions de francs qui ne
prendraient pas le chemin des pays les plus pauvres, entre 1993 et 1995,
dénonce la Communauté de travail. Or la Suisse est déjà à la traîne de
l’aide au développement avec seulement 0,3% du PNB, constatent Swissaid,
l’Action de Carême, Pain pour le Prochain et Caritas Suisse. "Nous ne pouvons bien nous portez si le reste du monde va mal", affirme la lettre qui
rappelle aussi que "la sécurité internationale dépend de la justice règnant
entre les deux hémisphères".
Les mesures de désendettement rendues possibles par ce crédit ont des
effets démultiplicateurs, explique Justice et Paix. On examine actuellement
la possibilité de racheter, pour seulement 50 millions de francs, des
créances d’une valeur d’un milliard de francs détenues par des exportateurs
suisses et par la Garantie des risques à l’exportation (GRE). Ces reprises
de créances par la Confédération visent à alléger le poids de la dette de
22 pays, en collaboration avec d’autres opérations de désendettement menées
sur la plan international, ajoute la commission de la Conférence des
évêques suisses. Un tel désendettement est nécessaire pour que les pays en
voie de développement aient une chance de sortir de la crise et de
redevenir des partenaires commerciaux. (apic/com/mp)