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    Berne: journée de travail sur l’Afrique du Sud (191191)

    "Le combat n’est pas encore terminé"

    Berne, 19novembre(APIC) Une journée de travail s’est tenue lundi à Berne

    sur la situation actuelle en Afrique du Sud. Elle a réuni les représentants

    de diverses organisations de solidarité avec l’Afrique du Sud, à

    l’invitation de la Coopération Eglise-Mission des Eglises protestantes de

    Suisse et du Conseil missionnaire catholique suisse. Barney Pityana, membre

    de l’ANC et directeur du programme contre le racisme du Conseil oecuménique

    des Eglises, à Genève, a parlé de la situation actuelle de son pays.

    Barney Pityana, qui s’est rendu pour la dernière fois en Afrique du Sud

    en octobre a fait d’abord une brève analyse des événements politiques de

    ces deux dernières années. La libération de Nelson Mandela n’est pas un

    signe que le combat est gagné, a-t-il averti. La situation économique du

    pays est marquée par un taux élévé de chômage et la stagnation économique.

    Barney Pityana a insisté : "l’économie travaille toujours au profit d’une

    minorité blanche". En outre personne ne pose au gouvernement la question de

    savoir dans quelle poche est resté l’argent ces dernières années. On sait

    d’ailleurs qu’il existe des fonds secrets pour soutenir les groupes

    violents et que la corruption est présente au plus haut niveau.

    Bien que cela ne puisse pas être prouvé, la police et les services

    secrets sont aussi impliqués dans la poursuite des violences, a déclaré

    l’orateur. Parlant ensuite du chef de l’Inkatha Mangosuthu Buthelezi, qui

    se trouve actuellement en Suisse, Barney Pityana a rappellé qu’il est

    important de savoir que Buthelezi est engagé sur deux niveaux. D’un côté

    une partie de la stratégie du gouvernement consiste à l’utiliser pour

    rompre l’isolement du pays et attirer les investisseurs; d’un autre côté il

    faut montrer que le chef du parti zoulou est indépendant. Barney Pityana

    pense que c’est une tâche des organisations suisses de découvrir qui

    finance le chef de l’Inkatha en Europe. Il avertit aussi qu’il ne faut pas

    sous-estimer Buthelezi car il est soutenu par un grand nombre de personnes.

    Selon Barney Pityana, le rôle de l’Eglise dans le processus actuel est

    difficile; alors que les Eglises ont été actives dans le processus de paix,

    elles se contentent maintenant d’un rôle d’observateur neutre manquant par

    là à leur rôle prophétique. A propos de l’oecuménisme, "on peut remarquer

    une tendance des Eglises à retourner à leurs ghettos".

    A propos des tâches possibles pour les organisations de solidarité en

    Suisse, elles doivent consister à soutenir une Afrique du Sud libre,

    démocratique et juste. "On a pu montrer dans le passé que lorque la Suisse

    achète moins d’oranges en Afrique du Sud, Nestlé ne vend plus de chocolat

    ou de produits pour bébés en Afrique du sud". Concrètement les

    organisations politiques et économiques peuvent interpeller les banques à

    propos de leur position face à une nouvelle Afrique du sud. En outre les

    organisations doivent chercher à comprendre la nouvelle situation mais

    aussi l’accompagner de manière critique car le danger que les modifications

    de structures ne servent pas au bien de tous existe. (apic/oe/mp)

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